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Couple : l’union libre

Publié dans Châtelaine.com en août 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Sommes-nous protégées par la loi québécoise après trois ans d’union libre ? Pas sûr du tout. Les conjoints de fait ont intérêt à s’informer de leurs droits et de ceux qu’ils n’ont pas.
 

Union libreEn 2007, la vie de Sylvie prend un nouveau virage. Cette mère de famille monoparentale a le coup de foudre pour un beau et jeune célibataire sans enfant. Les tourtereaux décident bientôt d’emménager ensemble.

Mais si la cohabitation rapproche les cœurs... elle éloigne les dollars. En effet, après un an de vie commune, la Loi de l’impôt sur le revenu au Québec tient compte du salaire des deux conjoints dans le calcul du revenu familial. Conséquence : tous les programmes sociaux et crédits d’impôt auxquels Sylvie avait droit auparavant pour ses deux adolescents ne lui donnent plus un sou, ce qui représentait près du tiers de ses rentrées d’argent. Son nouvel amoureux, par contre, n’a essuyé aucune perte financière cette année-là.

Sylvie ne se plaint pas trop : après tout, vivre à deux coûte moins cher puisqu’on partage les coûts du logement, ce qui compense en partie la baisse de revenus. Toutefois, si l’idylle prenait fin dans quelques années (comme la moitié des unions au Québec...), pourrait-elle récupérer le manque à gagner accumulé pendant tout ce temps ?

Sylvie l’ignore peut-être mais, dans cette éventualité, la loi ne la protégerait absolument pas. « En fait, le Québec tient aux conjoints de fait un double discours : vous n’avez pas droit au patrimoine familial ou à un encadrement légal en cas de rupture mais, aux yeux de l’impôt, vous formez une famille ! » indique Josée Jeffrey, planificatrice financière et fiscaliste chez Focus Retraite, qui compte plusieurs « Sylvie » parmi sa clientèle.

Le fisc n’est pas le seul à entretenir cette confusion dont les femmes font malheureusement souvent les frais. « Le régime des rentes, l’assurance automobile, les normes du travail et une multitude d’autres lois à caractère social au Québec considèrent les conjoints de fait comme des gens mariés », rappelle Hélène Belleau, sociologue et professeure à l’INRS – Urbanisation Culture et Société. Il suffit de vivre trois ans en couple – un an seulement, quand on a un enfant qu’il soit issu ou pas de la présente union –, pour se voir accorder le même statut que les gens mariés. D’où l’idée reçue, dit la sociologue, du « mariage automatique ». Puisque, socialement, le gouvernement traite les deux types d’union de manière identique, une majorité de la population se croit légalement protégée si l’union tourne mal. Or, il n’en est rien.


4 points à retenir
Quand on vit en union libre :
• Prévoir des ententes claires sur les biens qui ne sont pas à notre nom, incluant les héritages et les cotisations au REER du conjoint.
• Fixer une compensation pour la perte économique engendrée par la naissance des enfants et liée à un retour tardif sur le marché du travail ou à une réduction des heures travaillées (salaire, promotions, caisse de retraite).
• Vérifier si on est prête à payer la totalité des prêts contractés en couple si son partenaire n’a plus les moyens de rembourser sa part.
• Penser à une éventuelle vie après le couple et planifier sa retraite. Bref, planifier un contrat de vie commune !


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