Autoportrait de Paris avec chat, de Dany Laferrière

De Petit-Goâve au quai de Conti, Autoportrait de Paris avec chat raconte le fabuleux destin de Dany Laferrière.

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L’histoire

Le 28 mai 2015, Dany Laferrière est reçu à l’Académie française. Premier Nord-Américain, deuxième écrivain noir (après Léopold Senghor en 1983) à entrer sous la Coupole, il relate son parcours dans cet exubérant roman dessiné.

«Quelque chose de neuf s’apprête à m’arriver», note-t-il à Paris, où il rédige le discours en hommage à l’Argentin Hector Bianciotti, son prédécesseur au fauteuil numéro deux de la vénérable institution. Envahi des «sensations, émotions, sentiments» des débuts, sous l’œil narquois d’un chat savant, il remonte le temps jusqu’à son enfance, où, sous la galerie de Da – sa grand-mère immortelle –, il fait le plein d’images, ferment de son œuvre.

Les personnages

L’écrivain à un moment charnière de sa vie. Le chat, miroir et conscience. Paris, microcosme intellectuel attirant les artistes de partout. Les écrivains et peintres, morts ou vivants, éternelles sources d’inspiration et de vie. Haïti, où tout a commencé.

On aime

L’enthousiasme contagieux. La tendresse, l’humour. Les nombreuses citations, guides de survie. Les dessins, formidablement vivants. Les portraits d’artistes, s’attachant à l’œuvre autant qu’à la petite histoire de leurs relations avec leurs semblables. L’immense gratitude de l’auteur envers ces passeurs qui l’ont formé, entre autres Montaigne, Borges ou Henry Miller (à qui on l’a déjà comparé). L’audace d’écrire un livre entièrement à la main, remontant ainsi «à l’enfance de l’art».

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L’art de «faire ce qu’on ne sait pas faire»…

Dany Laferrière, de passage chez nous en avril, sera présent au Salon du livre de Québec les 13 et 14. Châtelaine l’a attrapé à Paris, où il habite le plus souvent sans pour autant se détacher de Montréal ni de Port-au-Prince. Autoportrait de Paris avec chat, son nouveau livre, ludique et érudit, s’est imposé à lui presque à son insu. «J’ai éprouvé un plaisir neuf, exactement la même sensation que lorsque j’écrivais pour la première fois. Je ne sais pas dessiner et mon écriture n’est pas terrible… Alors, pourquoi ne pas faire ce qu’on ne sait pas faire? Se rendre disponible et aller là où l’on ne vous attend pas…»

Toute sa vie de lecteur se trouve dans cet hommage aux créateurs qui ont tracé la voie. Et l’ont conduit à l’Académie française, où il siège chaque jeudi.

«J’aime le temps immobile dont l’Académie est depuis des siècles le symbole. Un vent de liberté y souffle et ces vieux messieurs, dont on se moque parfois, on ne les connaît pas, ils sont intéressants, certains extravagants, et n’ont plus rien à prouver.»

Quant à ce «livre d’académicien», Dany souhaiterait qu’on l’offre à des adolescents pour «qu’ils constatent que la littérature est tout sauf ennuyeuse».

  

Lire un extrait de Autoportrait de Paris avec chat

 L’auteur

Photo: Pierre Crêpo

Dany Laferrière

Naissance en 1953 à Port-au-Prince, en Haïti. En 1976, échappant aux Tontons Macoutes, il quitte en vitesse son pays et atterrit à Montréal. Des années difficiles, mille petits métiers. En 1985, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, premier roman au titre provocateur, est un succès immédiat. Il devient une figure incontournable de la scène médiatique québécoise. En 1990, s’installe à Miami avec sa femme et leurs trois filles, et y écrit les romans constituant son Autobiographie américaine. Rentre à Montréal en 2002. En 2009, prix Médicis pour L’énigme du retour. Présent en Haïti lors du tremblement de terre de 2010, il en témoignera dans Tout bouge autour de moi. En décembre 2013, il est chez sa mère lorsqu’il apprend son élection à l’Académie française. Prix, distinctions, doctorats honoris causa jalonnent le parcours de cet écrivain souverain. Boréal, 320 pages

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