Trois questions à Marie-Thérèse Fortin

La comédienne accouche d’un projet qu’elle couvait depuis des décennies: porter à la scène La détresse et l’enchantement, autobiographie de Gabrielle Roy. Elle incarnera la romancière.

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Partir d’une brique de quelque 500 pages pour créer un solo théâtral… C’est très douloureux de faire des choix. La ligne de force, ce sont les étapes qui ont conduit Gabrielle Roy vers celle qu’elle était vraiment, c’est-à-dire une auteure. Plus que l’amour, la réussite, la famille, les amis, l’écriture a été la grande histoire de sa vie. Elle voulait raconter la vie des petites gens, donner la parole aux sans-voix, racheter ces existences de femmes n’ayant pas eu droit à leur élan de passion et de liberté.

Comment transposer tout ça sur scène? Avec le metteur en scène Olivier Kemeid, on a décidé de l’imaginer à Petite-Rivière-Saint-François, là où elle a écrit la majeure partie de son autobiographie, où elle faisait de longues marches, à l’écoute des souvenirs qui venaient la tirailler, entre ciel et terre, entre détresse et enchantement. Gabrielle Roy voulait d’abord devenir comédienne, et elle va quand même se retrouver sur scène. Une jolie pirouette du destin.

Vous avez déjà dit que la pièce s’adressait à tous, mais que vous aimeriez rejoindre les jeunes femmes. Pourquoi? Parce que ce dont il est question, ici, c’est du rapport de la fille à la mère, moins exploré dans le théâtre québécois. Son combat pour s’affranchir d’une mère très aimée et trop aimante, son ancrage, son modèle, sa bouée, mais aussi un poids, une certaine entrave à son autonomie, à sa nature profonde. Pour elle, la figure maternelle est fondatrice, et il faut non pas la tuer, mais l’abandonner.

La détresse et l’enchantement, au Théâtre du Nouveau Monde, du 27 février au 10 mars.

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