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Les plus célèbres controverses des Oscars

Le 26 février, lors de la 89e cérémonie des Oscars, certaines stars profiteront sans doute de cette formidable tribune pour se prononcer sur les décisions du nouveau président américain, Donald Trump. Elles ne seront pas les premières à créer la polémique. Tour d’horizon des controverses qui ont jalonné son histoire depuis 1929.

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Incarner la ségrégation 

En 1940, la ségrégation raciale est pratique courante aux États-Unis, y compris pour les actrices acclamées. Autant en emporte le vent connaît cette année-là un immense succès populaire. Le film de Victor Fleming reçoit huit Oscar, dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur, de la meilleure actrice, pour Vivien Leigh, et de la meilleure actrice dans un second rôle, pour Hattie McDaniel, l’inoubliable nounou.

C’est une première pour une interprète noire, mais la société n’est pas aussi évoluée que l’Académie. Hattie McDaniel ne peut même pas assister à la première du film, car on lui interdit l’accès au Loew’s Grand Theater d’Atlanta. L’attribution des Oscar a lieu quelques mois plus tard dans un restaurant de Los Angeles, le Coconut Grove, et on y fait une exception pour recevoir l’actrice, à condition qu’elle reste assise à une table en retrait de la foule. Quelle honte !

 

Gone With The Wind (1939) - Vivien Leigh & Hattie McDaniel (https://www.flickr.com/photos/39527581@N07/15385801366)

Vivien Leigh et Hattie McDaniel dans Autant en emporte le vent

 

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Être honoré par l’Académie

La chasse au communisme a laissé de profondes cicatrices dans le paysage artistique américain. Dans le cadre de la Commission de la Chambre des représentants sur les activités antiaméricaines (House Committee on Un-American Activities), en 1952, le réalisateur Elia Kazan (Un tramway nommé Désir, À l’est d’Éden) dénonce des membres du parti communiste, ce qui lui vaut d’être boudé par les membres de la communauté cinématographique.

Quand l’Académie décide de lui décerner un Oscar hommage en 1999, des protestations se font entendre dans le milieu. Le soir de la remise du prix, plus de 500 personnes manifestent bruyamment leur désaccord devant les portes du théâtre. À l’intérieur, des personnalités appuient l’hommage, d’autres applaudissent froidement et plusieurs restent assises en signe de contestation. Les blessures ne sont pas tout à fait guéries, malgré les 40 années qui se sont écoulées.

 

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Réclamer la fin de la guerre du Vietnam

En 1972, Jane Fonda remporte l’Oscar de la meilleure interprète féminine pour son rôle dans Klute (Alan J. Pakula). L’actrice milite depuis plusieurs années contre la guerre du Vietnam. Ainsi, quand elle monte sur scène, le public s’attend à ce qu’elle dise quelques mots sur la cause chère à son cœur. Elle ne dit rien. Ses remerciements sont brefs et polis, sans allusions à l’implication américaine au Vietnam.

C’est plus tard, devant la presse, qu’elle se montre plus loquace : « Alors que nous sommes réunis ici pour récompenser le milieu du cinéma avec des prix importants, des meurtres sont commis en notre nom en Indochine. » Elle ajoute que cette guerre a assez duré, et qu’elle croit que la plupart des Américains veulent, comme elle, que ce conflit se termine le plus rapidement possible. Trois mois plus tard, une photo d’elle assise sur un canon au milieu de soldats vietnamiens lui attirera les foudres de la classe politique américaine et son surnom de « Hanoi Jane ».

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