Est-il préférable de louer ou acheter une auto?

Les deux formules ont leurs avantages. Voici des infos pour s’y retrouver.

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Le concessionnaire vous offre d’acheter un véhicule de 25 000 $ pour 520,83 $ par mois pendant quatre ans ou de le louer pour 200 $ de moins (320,83 $) – plus les intérêts, dans les deux cas. Tentant de louer, mais que se passera-t-il en 2011 ? Dans le premier cas, l’auto vous appartiendra, libre de dettes. À vous de décider de la garder ou de la vendre. Si vous la louez, vous aurez deux possibilités à la fin du bail : remettre l’auto, tout simplement, ou l’acheter. C’est là que l’économie mensuelle de départ de 200 $ vous rattrapera… Vous devrez débourser 9 600 $ pour acquérir l’auto : 25 000 $ – (320,83 $ x 48 mois). C’est ce qu’on appelle valeur résiduelle. Elle correspond souvent à la prévision de la valeur de l’auto à la fin du bail.

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Photo: iStock

Selon que vous aurez acheté ou loué, que se passera-t-il…

… du côté du concessionnaire ?
Le concessionnaire est un intermédiaire. Dans le cas d’un achat, il transfère le contrat à la société de crédit liée au constructeur de votre auto ou, si vous en décidez ainsi, à l’institution financière avec laquelle vous négociez un prêt auto. Dans le cas d’une location, le contrat est transmis à la société de crédit liée au constructeur, qui devient le véritable locateur.

… sur le plan des assurances ?
Le créancier du prêt auto ou le locateur demeure propriétaires de la voiture jusqu’à la fin du contrat ; ils vous obligeront à vous procurer une assurance et à la payer. La loi impose l’assurance responsabilité ; le contrat de prêt ou de location oblige à assurer l’auto elle-même.

… en cas de vol ou d’accident ?
Le chèque de l’assureur sera émis au nom du prêteur ou du locateur et au vôtre. Vous devrez vous entendre sur le partage. Avant de négocier, consultez l’Association pour la protection des automobilistes. Vous serez mieux outillée, surtout si votre police d’assurance comporte une clause « valeur à neuf ».

… quant à l’entretien ?
Pendant la durée d’une location, vous ne pouvez apporter de modifications majeures à la voiture, comme la peindre de couleur différente. Si vous remettez l’auto à la fin du bail, elle devra être en bonne condition ; le locateur assume la dégradation liée à l’usage normal. Faites faire une évaluation indépendante avant de la remettre. Les locateurs sont particulièrement exigeants pour les pneus et l’apparence de la voiture. L’Office de la protection du consommateur reçoit plusieurs plaintes concernant des exigences abusives des locateurs. Prudence !

… si vous roulez beaucoup ?
Achetée ou louée, l’automobile qui roule beaucoup perd sa valeur plus rapidement. Si vous êtes propriétaire, vous le constaterez lors de la revente. Dans le cas d’une location, l’entreprise qui vous loue la voiture se prémunit contre ce manque à gagner. Voici comment cela fonctionne :

• Vous pouvez opter pour l’un des programmes de base proposés par le concessionnaire (80 000 km, 100 000 km ou 120 000 km sur quatre ans, par exemple). Ils ne sont pas remboursables.

• Si vous prévoyez dépasser cette limite, vous pouvez acheter des kilomètres supplémentaires. Ils seront généralement déduits de la valeur résiduelle à payer si vous exercez l’option d’achat ou remboursés si vous ne les utilisez pas et remettez l’automobile.

• Vous payez pour les kilomètres supplémentaires seulement lors de la remise du véhicule. Cette formule est souvent la plus coûteuse. Il est préférable d’acheter les kilomètres à l’avance.

… si vous voulez vous défaire de l’auto ?
Dans le cas d’un prêt auto, le créancier voudra s’assurer que vous rembourserez l’emprunt. Pour une location, vous pouvez briser le bail unilatéralement. Le locateur exigera alors la différence entre le solde dû au moment de la rupture du bail et la plus élevée des deux sommes suivantes : la valeur résiduelle ou le prix obtenu par le locateur à la vente de l’auto. Attention, rompre ainsi un bail entache le dossier de crédit. Autre option : sous-louer ou céder le bail. Le locateur ne peut refuser sans raison valable.

L’heure des choix
• Si vous avez les moyens et l’intention de conserver le véhicule longtemps, l’achat constitue le meilleur choix. À taux d’intérêt égal, étant remboursé sur une plus courte période, le véhicule revient moins cher.

• Par contre, si de faibles mensualités permettent de rembourser une autre dette plus coûteuse, il peut être rentable de louer. À la fin du bail, vous serez peut-être tentée de refuser l’option d’achat pour éviter les coûts de réparation d’une « vieille » voiture. Ce serait une erreur car ces coûts sont nettement moins élevés que les mensualités d’une voiture neuve. La façon la plus économique d’utiliser un véhicule consiste à le garder longtemps et à bien l’entretenir.

• Si vous changez souvent d’auto, la location représente généralement la meilleure option : la valeur résiduelle est garantie, même si le véhicule s’avère un citron ou a subi un accident, diminuant ainsi sa valeur de revente. Sachez toutefois que plus le bail est de courte durée, plus le coût de la location est élevé puisque l’auto se déprécie plus rapidement durant les premières années.

• Un conseil : surveillez l’annonce de taux d’intérêt spéciaux. Ils jouent beaucoup sur le coût d’une voiture.

• Le site www.ericbrassard.com présente des calculettes pour évaluer le coût lié à l’acquisition d’un véhicule.

Ont offert leurs conseils : Georges Iny, président de l’ Association pour la protection des automobilistes, et Éric Brassard, planificateur financier et auteur de Finance au volant : des réponses claires, des idées nouvelles, Éric Brassard éditeur, 372 pages.

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