Une plongée dans les Bahamas

Des vacances sous le signe du farniente? Parfois, c’est autre chose qu’il nous faut. On souhaite plutôt vivre de nouvelles aventures. Comme l’a fait notre journaliste, qui s’est initiée à la plongée sous‑marine dans l’île de San Salvador, aux Bahamas.

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D’abord, une première plongée en eaux peu profondes. Photo: iStock.com / Aromares

Le bateau tangue joyeusement. Tout autour, la mer turquoise chatoie au soleil. Prête à recevoir la vingtaine de plongeurs en train de se préparer dans la bonne humeur. J’enfile de peine et de misère mon attirail en me la jouant décontractée. Sans succès. « First time ? » me lance un Californien qui, lui, y parvient avec une parfaite aisance. Avec sa dégaine de star, il marche comme s’il flottait déjà en apesanteur malgré la lourdeur de la bonbonne d’oxygène, qui, perso, me scie les jambes. « On plonge même s’il y a autant de vagues ? » que je m’enquiers auprès de mon instructrice, Auriane, qui, bien que toute jeune, en connaît un rayon dans le domaine. Son sourire en dit long… J’aurais dû me taire. « Tu ne ressentiras aucune vague une fois dans l’eau », me répond-elle.

Photo : robertharding.com/Reinhard Dirscherl.

Alors, on plonge?

Pourquoi avoir accepté de plonger à nouveau aujourd’hui ? La sortie d’hier, sous les cinq mètres, suffisait amplement. J’ai pu observer une raie, un mérou et des dizaines de poissons multicolores, assez pour rendre inoubliable cette escapade au Club Med Columbus Isle, aux Bahamas. L’embarcation immobilisée, les plongeurs se jettent dans les flots par petites grappes. À mon tour, j’avance comme une manchote et je me laisse tomber (littéralement), avalant au passage quelques litres d’eau salée. Panique à bord. Un peu plus et je regagne le bateau. L’instructrice me fait signe de prendre mon temps – une main s’agitant vers le bas en langage de plongée. La présence rassurante d’Auriane réussit à me calmer. « Le plaisir, que le plaisir d’être dans la mer », que je me répète. J’adore l’eau ; sans être une grande nageuse, je peux y passer des heures sans effort. J’ajuste mon détendeur, qui permet l’arrivée de l’air. Mon corps se détend et plonge. M’agrippant à l’une des cordes attachées à l’esquif, je descends peu à peu. Bientôt j’arrive au bout… Et je m’abandonne au grand bleu.

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La tortue verte. Photo: Getty Images / James R. D. Scott

En état d’apesanteur

Le silence des profondeurs frappe. Aucun son, à part, ce roaaa-roaaa guttural que fait ma respiration (que je finis par oublier, heureusement). Tout semble au ralenti, à l’abri du temps. L’homme ou la femme-grenouille doit se mouvoir sans presse s’il veut apercevoir les poissons-perroquets, les poissons-clowns, les vivaneaux ou les barracudas. Je me sens toute petite devant cette immensité. Au loin, dans la lumière émeraude, d’autres plongeurs s’enfoncent au-delà d’un mur. Encore plus profondément dans les anfractuosités du relief sous-marin. Même si je me sens bien et privilégiée d’être là à danser avec les poissons, je reste une spectatrice – une spectatrice VIP qui assiste au show de sa vie, dois-je préciser. Je n’appartiens pas à ce lieu et je me dois de le respecter avec grands égards. Les récifs coralliens sont en sursis dans de si nombreux coins du globe…

Derrière mon masque, mes yeux se remplissent de toute cette beauté. Là, au fond, se terre une tortue verte, une espèce marine qui peut peser jusqu’à 300 kg. Sous mon nez passe un baliste, petit poisson aux reflets gris-bleu, qui déguerpit aussitôt. Un banc argenté joue à la tag juste en dessous de moi. Il y a tant à voir ! Je ne sais plus de quel côté tourner la tête. La vie grouille au cœur des coraux. Une douleur dans les oreilles, surtout celle de gauche, me ramène à ma condition humaine. L’instructrice m’encourage à souffler pour faire baisser la pression. Tout revient à la normale. Sans m’en rendre compte, je remonte vers la surface. Auriane, qui veille sur mes deux coéquipiers et moi, me fait signe de revenir. Sans m’affoler, j’appuie sur le bouton de dégonflage de mon gilet pour laisser échapper l’air. Tout doucement, je redescends. Ma découverte de cet univers sous-marin peut se poursuivre dans un état de légèreté grisant – rarement me suis-je sentie aussi décontractée, libre de mes mouvements. Auriane nous demande de consulter notre manomètre, ce bidule qui indique la réserve d’air disponible. C’est déjà l’heure de remonter à la surface. Mais je reste là, presque immobile, pour que ces images majestueuses s’imprègnent en moi. À jamais.

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Un lieu de prédilection

À la proue du bateau, l’atmosphère est à la camaraderie. Des amis se taquinent, d’autres échangent sur leurs exploits. « J’ai plongé à plusieurs endroits dans le monde… Mais ici, c’est incroyable. J’y reviens toujours. La clarté de l’eau est incomparable », me souligne une Française d’une soixantaine d’années qui me félicite de cette première « vraie » plongée. Elle dit juste, j’ai vérifié. Les plongeurs profitent ici d’une visibilité d’au moins 45 mètres. Je m’installe face au vent, pas peu fière de ma prouesse – une quarantaine de minutes sous les 12 mètres, tout de même. Que demander de plus ? Le soleil, la mer… et un accomplissement personnel.

Dans des zones marines protégées, Le centre de plongée Seafari offre des formations, de niveau débutant à expert, au Club Med Columbus Isle aux Bahamas. Les sorties en plongée sont en supplément du séjour au club med. À partir de 135 $ US. Notre journaliste était l’invitée du Club Med Columbus Isle.

Un monument en l’honneur de Christophe Colomb. Photo: Johanne Lauzon

Sur la route de Christophe Colomb

San Salvador a beau avoir la grosseur d’une tête d’épingle dans l’archipel des Bahamas, sa richesse historique est inestimable. C’est sur ce caillou de sable qu’a accosté, pour la première fois en terre d’Amérique, Christophe Colomb. Les quelque 1 000 habitants s’honorent de cet héritage. Ils ont d’ailleurs dressé une croix là où l’explorateur génois a posé le pied le 12 octobre 1492. (L’île semble à l’abri des menaces de déboulonnage qui pèsent sur les héros comme Colomb, accusé par des groupes de pression américains d’avoir participé aux génocides des peuples autochtones sur le nouveau continent.) On fait vite le tour de cette île paradisiaque – 19 km de long sur 8 km de large – à moins qu’on soit guidé par le volubile Clifford, alias Snake Eyes, qui, au volant de sa camionnette climatisée, ne manque pas de s’attarder ici et là. Les paysages sont à couper le souffle, dont ces plages sauvages qui semblent s’étirer à l’infini.

Les coquets pavillons du Club Med Columbus Isle. Photo : Courtoisie Club Med Columbus Isle

Tout pour plaire

On dit souvent que le Club Med est un tout-compris de luxe. Mais il s’agit surtout d’une destination vacances sans souci. Le service (en français) est toujours convivial, la bouffe, excellente, et les activités, variées. À celui de Colombus Isle, tout est photogénique (parfait pour impressionner les amis sur Instagram) : mer aux eaux transparentes, longues plages de sable fin et blanc, pavillons écarlates, émeraude, azur, ocre, au confort impeccable.

On y va pour s’amuser (ski nautique, voile, kayak, paddleboard…), se gâter ou se détendre (aérobie ou yoga dans le centre de mise en forme ultra design qui donne sur la mer). Ou pour les trois. À part mes deux sorties en plongée sous-marine, j’ai connu d’autres purs moments de bonheur. D’abord, au resto La Pinta Beach, où j’ai savouré des plats de poisson (grillé, cru) d’une très grande finesse. Et que dire de la fraîcheur ? Puis, au Spa L’Occitane, à même le complexe hôtelier : la massothérapeute Joy – qui porte si bien son nom ! – m’a fait un massage exceptionnel. Ses mains ont dénoué des nœuds musculaires qui jusque-là semblaient indélogeables. Cette rencontre s’est terminée dans des éclats de rire et une accolade bien sentie. À l’image de ces quelques jours loin du train-train quotidien. Club Med Columbus isle, à partir de 1 869 $/adulte pour 7 nuits, vols inclus, départ de Montréal ou de Québec.

 

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