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Croyez-vous à l’âme soeur?

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Voici la suite du billet de mercredi dernier sur le coup de foudre. Cette semaine, Jean-Sébastien Marsan nous parle de sa vision de l’âme soeur.

Comme je le disais dans mon billet précédent, notre imaginaire du couple est arriéré. Véritable conditionnement social et culturel, alimenté par les industries culturelles (ces histoires d’amour à l’eau de rose recyclées sans fin par le cinéma, la télévision, la chanson, la littérature, etc.), il débouche sur une pensée unique conjugale: il n’y a qu’un modèle de couple qui vaille la peine d’être vécu, soit le couple ultra-romantique, exclusif et pour-la-vie. C’est la seule forme d’amour que nous valorisons.

À mon humble avis, le couple fusionnel-exclusif est l’une des dernières formes légitimes et légales de totalitarisme : les partenaires vivent en autarcie, tentent de combler tous leurs besoins, de réaliser tous leurs fantasmes, de résumer à eux seuls la totalité du monde — ils doivent même incarner tout ce qu’il faut abandonner lorsqu’on s’installe en couple, c’est-à-dire les avantages de la vie de célibataire, l’excitation des aventures d’un soir, etc. Ils peuvent exercer l’un sur l’autre un contrôle total du corps et de l’esprit, surveiller tous leurs faits et gestes. Et lorsque l’autre ne procure pas une satisfaction totale, on le jette à la poubelle comme un déchet pour le remplacer par un autre individu qui devra se conformer à l’utopie totalitaire.

Au lieu de pratiquer la séduction et la rencontre comme un art de vivre, au lieu de s’abandonner au désir, au lieu d’aimer intensément les nombreux partenaires que nous pouvons rencontrer dans une vie, nous nous enfermons dans une prison conjugale. Et nous souffrons constamment de ne jamais avoir rencontré l’Unique… qui n’existe pas (sauf dans l’imaginaire). Débile, hein?

Marie-Lyse : 

Le billet de la semaine dernière a lancé le débat sur Twitter entre Jean-Sébastien et la sexosophe, Jocelyne Robert, qui écrivait judicieusement :

Je crois que nous avons plusieurs âmes soeurs et que parfois, on les croise sans les reconnaître. La mythologie c’est de croire à UNE âme soeur. Je crois à plusieurs.

Je suis de cet avis et ça me rappelle d’ailleurs un ami d’université qui m’avait lancé :

– Ça fait au moins trois fois que tu dis avoir rencontré l’homme de ta vie et tu n’as que 23 ans!

À mon âge, il serait encore plus indécent de croire qu’il n’y a qu’une seule âme soeur et que je l’attends toujours. Même si on espère tout de même que la prochaine âme nous accompagnera le plus longtemps possible…

 

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