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Un Homo quebecus en résidence

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Les soirées de filles 3.0 sont non seulement ouvertes aux hommes, j’ai décidé d’en asseoir un à notre table pour quelques semaines. J’ai choisi un spécimen qui se passionne pour les relations hommes-femmes et qui ne recule devant aucun débat, à ses risques et périls.

Jean-Sébastien Marsan est auteur, rédacteur et journaliste indépendant. En 2009, il a cosigné le livre Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) et il a animé le blogue du même nom. De la drague au couple en passant par notre imaginaire romantique, nous confronterons ici nos visions.

Je laisse donc la parole à Jean-Sébastien :

Mesdames et messieurs, bonjour! D’abord, je tiens à remercier Marie-Lyse pour sa charmante invitation à partager son blogue avec un représentant (poilu) de la gent masculine.

Les Québécois ne veulent plus draguer, disais-je dans mon bouquin et mon blogue. Et les Québécoises ne se laissent pas approcher facilement. Donc personne ne se parle… Ce qu’on appelait la « guerre des sexes » n’a pas disparu au Québec, elle s’est transformée en guerre froide : rester sur son quant-à-soi, entretenir une méfiance réciproque, accuser l’autre de tous les maux.

On peut déverser une tonne de reproches sur les hommes et les femmes au Québec. Les gars sont velléitaires et terrorisés par la peur du rejet; les femmes sont distantes, souvent impitoyables avec les gars qui essaient tant bien que mal d’initier un premier contact. Quand elles n’en peuvent plus d’attendre, elles se mettent elles-mêmes à draguer les hommes, de manière un peu agressive (elles estiment qu’elles n’ont pas de temps à perdre avec des velléitaires terrorisés par la peur du rejet); les gars prennent peur devant ces femmes trop entreprenantes, ils fuient la queue entre les jambes. Et renverser les règles du bon vieux code de la galanterie (traditionnellement, monsieur propose et madame dispose) gêne tout le monde. C’est un cercle vicieux. Personne ne se parle…

On peut déverser une tonne de reproches sur les hommes et les femmes, mais il faudrait faire l’effort d’aller plus loin. Sortir du cercle vicieux. Faire baisser la pression. Retrouver le plaisir de se rencontrer.

Marie-Lyse :

En lisant ton livre, je me suis rappelée toutes les fois où je me suis sentie aussi discrète qu’une pancarte d’autoroute alors que monsieur ne voyait rien ou s’en foutait éperdument. J’ai vécu en France et aux États-Unis et je craignais parfois de revenir au Québec pour me sentir comme au couvent, l’hiver peut être très long!

Je suis un animal social curieuse et bavarde, j’aime rencontrer les gens, j’aime discuter. Mais je crains souvent de donner de faux espoirs en étant tout simplement moi, comme si au Québec, le jeu était trop sérieux pour badiner. D’un autre côté, je ne compte plus le nombre de fois où mes espoirs ont aussi été déçus, mais plutôt que de blâmer l’autre pour ses beaux yeux, je déconstruis mon petit film intérieur. Dommage, c’était une si belle histoire dans ma tête!

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