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Josée Blanchette : guérie mais en colère

Josée Blanchette publie ces jours-ci Je ne sais pas pondre l’œuf mais je sais quand il est pourri. Une quarantaine de «billets, dérives et témoignages» sur le thème du cancer. Conversation.

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9782890777392_originalUn diagnostic de cancer — un troisième en moins de 30 ans —, opération et deux traitements de chimiothérapie ont failli avoir sa peau. Ce parcours de la combattante a amené Josée Blanchette, journaliste et essayiste, chroniqueuse au Devoir, à questionner la façon dont la médecine conventionnelle s’attaque au cancer et à y consacrer deux ans de recherches, d’entrevues et de réflexions.

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Qu’est-ce qui vous a poussée à vous intéresser à ce sujet?

Deux traitements de chimiothérapie, de 48 heures chacun, m’ont valu une intoxication médicamenteuse qui m’a menée, entre autres effets secondaires, au bord de la psychose. J’ai dû abandonner tous les traitements malgré les pressions des oncologues  — «Vous ne voulez pas voir votre fils entrer à l’université, madame Blanchette ?» m’a-t-on demandée…

Si on en croit ce titre, joli mais singulier, selon vous, quelque chose est pourri quelque part…

Une chronique publiée dans Le Devoir m’a apporté une avalanche de témoignages bouleversants. De gens qui avaient difficilement survécu à la chimio, et d’autres, de proches de personnes décédées des suites de la chimio. C’est pour mieux comprendre que j’ai entrepris ma quête et mon enquête. J’y ai appris que, pour les cancers les plus courants (sein, prostate, poumon, côlon, vessie), la chimiothérapie améliore les taux de survie sur 5 ans de 2%.  Qu’on minimise systématiquement les effets secondaires, parfois effroyables, de la chimiothérapie et qu’on ne parle à peu près pas des séquelles permanentes qu’elle peut laisser.

Malgré tout, on n’offre rien d’autre que le combo chirurgie-chimio-radio. Parce que les compagnies pharmaceutiques n’ont pas d’intérêt à aller voir ailleurs. Et que les médecins sont enfermés dans la même logique.

 

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Vous remettez la médecine en question ?

Je ne suis pas contre la médecine ni contre les médecins. Mon père était pneumologue et je crois que ma chirurgienne m’a sauvé la vie. Mais je ne leur accorderai plus jamais une confiance aveugle. Nous sommes subjugués par les médecins. Ceux qui nous soignent et ceux qui nous gouvernent. Le docteur l’a dit, donc on l’écoute… Il faut prendre sa santé en main. Comme individus d’abord. Poser des questions ensuite, ne pas remettre toutes les décisions entre les mains du docteur, censé tout savoir. Car il ne sait pas tout, et n’est pas à l’abri des conflits d’intérêts et de la désinformation.

Et comme société ensuite. Le cancer a coûté plus de 4 milliards de dollars aux Québécois en 2013. Or, le nombre de cas devrait augmenter de 40% d’ici 2030… Ce n’est pas viable. Il faut essayer autre chose. Le préventif d’abord. Plus de 70% des cancers sont dus au tabagisme, à la mauvaise alimentation, à la sédentarité. Mais moins de 5% des patients en rémission adoptent une bonne hygiène de vie. Il faudrait faire une plus grande place aux traitements complémentaires, comme le yoga, dont l’efficacité a déjà été démontrée par des études.

Je ne sais pas pondre l’oeuf, mais je sais quand il est pourri, Josée Blanchette, Éditeur FLAMMARION QUÉBEC, 26,95 $.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire à propos de “Josée Blanchette : guérie mais en colère

  1. Et quelles sont les sequelles permanentes selon vous Mme Blanchette?

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