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Terroir du Niagara

Publié dans Châtelaine d’octobre 2008 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Entre le lac Ontario et le lac Érié, la péninsule du Niagara offre délices et splendeurs aux amateurs de vin et de cuisine fraîcheur. Vu du Québec, qui aurait cru qu’ontarien rimait avec épicurien ?
 

Après une heure de voiture à partir de Toronto, j’arrive dans un verger rempli de cerisiers, poiriers, pêchers, pruniers, vignes... Une première pour moi : je cueille mes propres cerises, bien rouges et bien sucrées. Leur jus dégouline entre mes doigts. Une, et puis une autre, et une autre. Les meilleures de ma vie.

Quand je demande à Len Troup, propriétaire des vergers Lakelee, si je dois les laver avant de m’empiffrer, il me répond avec une pointe d’arrogance : « Il y a moins de substances chimiques sur ces cerises que sur n’importe quel fruit qu’on achète au marché. » C’est clair. Ce grand gaillard, à la fois cultivateur et homme d’affaires, a une opinion sur la question. « On ne sait pas à quelles règles sont soumis les fruits qui proviennent de la Thaïlande ou d’autres pays, ni avec quels produits ils ont été cultivés, ni même dans quelles conditions ils ont été transportés. Au Canada, la réglementation est stricte mais au moins on sait ce qu’on mange. » Autre argument de Len Troup : les fruits locaux sont plus frais et plus écologiques parce qu’ils ne parcourent pas de longues distances en avion.

De juillet jusqu’à la fin de septembre, les vergers de la région de Niagara abondent de fruits. L’endroit m’apparaît si exotique que j’ai peine à croire qu’on soit si près du Québec. Et pourtant. « C’est l’effet modérateur des Grands Lacs qui crée ce microclimat unique et qui, jumelé à la qualité des terres, donne une culture très riche », confirme Phil Tregunno, propriétaire d’une des plus grosses fermes du coin. À le voir tout bronzé et fier de ses terres, on comprend qu’un microclimat, c’est une sorte de petit paradis.

Quelques kilomètres plus loin, on change de décor. Des milliers de vignes tapissent le paysage. C’est la route des vins de l’Ontario, jalonnée de bâtiments de style contemporain.

Premier arrêt : la maison Inniskillin, pionnière dans le monde du vin au Canada. En 1975, quand les fondateurs, Donald Ziraldo et Karl Kaiser, ont demandé leur permis de vinification, ils ont passé pour des fous. Aujourd’hui, Inniskillin, qui a remporté plusieurs prix, est reconnue mondialement pour ses vins de glace.


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