C’est mon deuxième voyage à Madrid mais, cette fois-ci, je m’y rends davantage pour jouir de la cuisine de la ville, riche et variée (qu’on dit la meilleure d’Espagne), que de son architecture – quoique les deux aillent de pair. Première escale : l’hôtel Meninas, dans le Vieux-Madrid, une maison du XIXe siècle joliment rénovée où ma collègue photographe Dominique Lafond et moi logerons au cours des prochains jours. Notre guide, Mauricio Macarrón Larumbe, digne représentant de cette cité de plus de trois millions d’habitants et spécialiste de l’histoire de l’art, nous apprend que le nom de notre demeure temporaire est inspiré de Las meninas (Les demoiselles d’honneur), titre d’une célèbre toile du peintre espagnol Diego Velázquez, exposée au Museo Nacional del Prado – le plus imposant des 73 musées de la ville.
Direction Plaza Mayor, une immense place au décor théâtral construite au XVIIe siècle. C’est l’un des lieux les plus animés de la capitale, avec ses terrasses, ses cafés et ses bars à tapas installés à l’ombre des arcades. Nous passons devant la Casa Botin, l’un des plus vieux restaurants au monde, ouvert en 1725, un grand classique de Madrid – cochon de lait, agneau rôti sur feu de bois, poivrons grillés à la morue. Mais nous nous arrêterons plus loin, à l’extravagant bar La Torre del Oro. Ici, la tauromachie est à l’honneur : têtes de taureaux, souvenirs d’anciens combattants et photos de toreros grièvement blessés se disputent les murs. Madrid serait d’ailleurs la capitale de la corrida. On y commande une sangria composée de vin, de liqueur d’orange, de vermouth, de limonade et de fruits.
Le cœur léger, nous empruntons une charmante ruelle, la calle Pasadizo de San Ginés, où se trouve la Chocolateria San Ginés. On y fabrique depuis le XIXe siècle le chocolat le plus réputé en ville, servi avec les traditionnels churros, des beignets allongés en forme de boucle. Délicieux trempés dans une tasse de chocolat onctueux !
Point culminant de la journée : un souper au Café de Oriente, véritable institution fréquentée par la noblesse. J’opte pour le gaspacho, la salade d’artichauts et les raviolis farcis aux bolets. Quel délice ! Je découvre aussi le pacharan, une liqueur du Pays basque à la prunelle au goût légèrement anisé, que je sirote juste avant d’aller rejoindre le pays des songes.
Les tapas : le meilleur de Madrid
La dégustation des tapas, un rituel espagnol bien implanté dans la capitale, consiste à prendre un verre en partageant des bouchées. Ce peut être aussi simple que du pain, du fromage, des olives, ou alors des petits plats élaborés. Le plaisir, c’est de se promener d’un bar à tapas à l’autre et de goûter les diverses spécialités. Selon leur quantité et leur variété, ces amuse-gueule font office d’apéro ou de repas.
Recettes madrilènes
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