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5 trucs pour survivre à un BABI

Les bébés sont exigeants; personne ne s’attend à engendrer une plante verte. Mais le jour où j’ai lu la description d’un bébé aux besoins intenses (BABI), mon fils avait huit mois et j’ai pleuré comme un veau.

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Tête à chapeaux

 

Les bébés sont exigeants; personne ne s’attend à engendrer une plante verte. Mais le jour où j’ai lu la description d’un bébé aux besoins intenses (BABI), mon fils avait huit mois et j’ai pleuré comme un veau.

— CHÉRI! ON N’EST PAS FOUS! ÇA A UN NOM, UN ACRONYME PIS TOUTE!

Moi qui jugeais les parents de bébés-à-bras, j’avais mon rejeton soudé à moi jour et nuit, sans quoi c’était la crise. Fiston dormait peu, rien ne le distrayait plus de deux minutes et il lui fallait sans cesse être en mouvement. Il refusait obstinément tout substitut pour mes pauvres mamelons irrités qui faisaient office de biberon et de suce.

Mon #bébéRedbull était en pleine santé, éveillé, enjoué, curieux. Il développait sa motricité globale et fine à une vitesse effarante… mais pouvait hurler des heures pour un rien, et je finissais souvent par pleurer avec lui. Pendant huit mois, son père et moi pensions que c’était lui ou nous, le problème.

Les BABI ont toujours existé, mais on les qualifiait de bébés difficiles ou gâtés, on accusait leurs mères d’avoir «trop cédé à leurs caprices». C’est seulement quand le Dr Sears a observé cette intensité chez un de ses propres enfants, qui résistait aux méthodes usuelles, que les BABI ont été officiellement reconnus. (On aime ça quand un homme valide ce que des générations de femmes ont observé sans être prises au sérieux! ¯\_(ツ)_/¯)

Les bébés aux besoins intenses ne sont pas capricieux, ils nécessitent plus d’attention que la moyenne. Si aux yeux de certains, s’époumoner des heures durant sans raison apparente peut être perçu comme un caprice, pour le BABI, la détresse et le besoin de réconfort sont bel et bien réels. Ils vivent leur vie avec la charge émotive d’une distribution complète de soap-opera mexicain.

Comme parent de BABI, savoir qu’on n’est pas fou fait un bien immense… mais ensuite, on fait quoi?

On survit, grâce à ces 5 trucs.

  1. S’écouter

On apprend vite que parler de notre «bébé difficile» (i.e. ventiler) implique de recevoir des conseils non sollicités. Et même quand on n’en parle pas, c’est dur de ne pas attirer l’attention quand on a le bébé le plus expressif du parc.

Sans compter que les parents aux enfants moins intenses sont souvent persuadés que c’est grâce à leurs compétences hors normes que leurs enfants sont «plus faciles», ce qui donne envie de leur faire un crochepied. Ils diront de laisser pleurer le bébé, d’arrêter l’allaitement, de le faire spinner sur le ventre dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, ils blâmeront le gluten et les OGM, les siestes et sa vie antérieure…

Être bombardée de conseils – si bienveillants soient-ils – laisse une impression amère de «j’en fais pas assez» quand on en fait déjà beaucoup. On a beau connaître nos enfants mieux que quiconque, à force d’écouter tout le monde, on finit par douter de soi…

  1. Faire preuve de créativité

Jusqu’à ce qu’il soit capable de se déplacer et de se divertir seul, le BABI dépend entièrement de ses parents. On devient comme des animateurs de camp de vacances désabusés au service du campeur le plus bourru de la colonie. Plein de choses simples peuvent occuper un bébé qui ne s’intéresse pas à ses jouets: foutre le bordel dans le tiroir à Tupperware, déchirer les dépliants reçus par la poste, monter et descendre les escaliers roulants dix mille fois… #whateverworks

  1. Appeler du renfort

Accepter qu’on est à bout et laisser d’autres bras prendre la relève le temps de souffler un peu. N’importe qui avec un cours de gardien averti peut gérer un BABI quelques heures. À ce sujet, il n’est pas rare que le BABI fasse passer ses parents pour des menteurs en se transformant en bébé exemplaire devant la gardienne, beaucoup plus divertissante que les faces cernées de ses parents.

  1. Lâcher prise

Pour un BABI, être déposé dans son lit est parfois l’équivalent d’être abandonné dans la forêt arctique en proie au froid et aux loups. Si vous pensiez qu’un bébé qui ne dort jamais va finir par s’endormir d’épuisement, détrompez-vous. Le BABI carbure à l’énergie solaire, et son créneau, c’est «dormir ensemble ou pas pantoute». Tant pis si la belle-mère pense qu’on crée un bébé-à-bras, longue vie au portage et au cododo. Longue vie au bordel, aussi. Le ménage, c’est pour ceux qui ont le loisir du repos: Tu dors pas, tu ramasses pas. Aux poubelles, l’idéal du parent reposé, du bébé déposé et de la maison ordonnée!

  1. Voir le bon côté des choses

Les BABI rient et se réjouissent avec la même intensité qu’ils pleurent et s’opposent. Ils sont souvent très sociables et adorent faire de nouvelles rencontres – c’est parfois plus facile de les gérer en public qu’à la maison parce que le potentiel de distraction est plus grand. Ils sont vifs d’esprit, et leur développement moteur est en général plus rapide que la moyenne, ce qui multiplie les activités qu’on peut faire avec eux.

À 3 ans, Fiston est toujours aussi intense, mais il canalise mieux son énergie et acquiert graduellement son autonomie et son indépendance. Comme parents, nous sommes aussi mieux outillés pour distinguer caprices et besoins. Et surtout, Fiston comprend maintenant le chantage. Pis ça, ça change une vie! 😉

 

manal_drissi

Manal est chroniqueuse, journaliste, blogueuse et aime se dire «ironiste» de profession. Elle nous livre chaque semaine des réflexions tout en humour et en humeurs sur les aléas de la vie d’une femme moderne. 

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