Acheter une maison: comment on fait pour économiser 65 000 $

Fin vingtaine, Marie-Pier Gagnon nous raconte l’achat et la rénovation de sa première maison, étape par étape. Une série de chroniques qui n’a rien du mode d’emploi traditionnel.

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Comment s’y prendre pour amasser l’équivalent d’un cabriolet BMW ou de 65 voyages tout inclus à Varadero? Il n’y a pas de miracle. Je n’ai pas de fichier Excel magique qui vous permettra d’atteindre un tel montant. Pour nous, il a fallu six ans.

Ne partez pas en peur. Vous n’avez pas nécessairement besoin de tout cet argent pour acheter une propriété. La plupart des premiers acheteurs peuvent s’en tirer en amassant 5 à 10 % de mise de fonds pour une maison. Pour notre part, nous voulions avoir 20 % dans nos comptes avant d’acheter. D’abord, pour éviter de payer l’assurance prêt hypothécaire de la SCHL, obligatoire pour les mises de fonds inférieures à 20 %, et qui peut s’élever à quelques milliers de dollars. Puis, pour obtenir un prêt sans endosseur. Mon chum est travailleur autonome et je l’étais moi aussi à l’achat de la maison. Nous n’étions pas des emprunteurs très solides, mais une bonne mise de fonds, ça rassure son banquier. Ajoutez des provisions pour les frais de déménagement, de rénovations et autres droits de mutation et on arrive au montant fatidique de 65 000 $.

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Et comment on fait ça? Je vais vous donner mon petit secret: un appartement bon marché. Vous vous souvenez de mon prélart jaune et de ma toilette bleue (lire De locataires à proprios… enfin!)? L’avarice de notre proprio et sa faible compréhension de l’inflation nous ont permis d’habiter un logement à un prix ridiculement bas. C’est beaucoup plus simple de mettre de l’argent de côté quand notre loyer mensuel est de 600 $ plutôt que 900 $.

Je vous l’avoue, il faut aussi être un peu cheap et se préparer à quelques «sacrifices». J’utilise de bons gros guillemets, parce que je n’ai pas eu l’impression de sacrifier quoi que ce soit. Du moins, pas tant que ça. Tout est une question de priorité. J’ai rêvé d’acheter une maison, alors que d’autres rêvent de faire le tour du monde. Je ne me serais jamais vue dépenser 10 000 $ pour partir en Asie ou en Europe pendant un an comme plusieurs de mes amis l’ont fait… et que j’ai enviés. Est-ce que sur mon lit de mort je regretterai de ne pas m’être trémoussée sur une plage de Thaïlande? Peut-être. Mais je ne suis pas restée cloîtrée chez moi tout ce temps non plus. Je suis allée au Danemark, au Portugal, dans l’est des États-Unis et je me suis pas mal promenée au Québec, mais en courts séjours.

Un autre petit renoncement: les bons restos. Réservés aux anniversaires. Les restaurants à essayer sur ma liste fermaient souvent boutique avant que j’aie eu le temps d’y aller. Même chose pour les bars. 60 $ pour 2-3 cocktails? Je préférais 2-3 bouteilles de vin à la maison pour le même prix.

Mon chum n’en peut plus de me voir dans mon vieux linge. J’ai des chandails qui datent de l’époque du cégep et j’ai récemment donné un short que je possédais depuis ma troisième année du secondaire. Pour moi, le magasinage, c’est une fois l’été, une fois l’automne. Je choisis des vêtements passe-partout et je ne me laisse presque jamais tenter par un achat imprévu le reste de l’année.

Toutes ces «privations» étaient un mode de vie que j’arrivais assez facilement à respecter. Je n’ai pas eu l’impression de me serrer la ceinture tant que ça. Petit à petit, cet argent économisé a rempli le bas de laine, aussi appelé «REER», que j’avais l’intention d’utiliser comme une partie de ma mise de fonds dans le cadre du Régime d’accession à la propriété (RAP).

Et le jour est venu où nos économies ont été suffisantes pour que nous nous offrions une coquette maison.

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Marie-Pier Gagnon est rédactrice à la pige.

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