Attention aux cyclistes, ils sont vulnérables!

Les cyclistes ne sont pas nécessairement vertueux et les conducteurs de voiture tous des enragés. Mais une chose est sûre, le «combat» n’est pas mené à armes égales.

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Photo: iStock.com/Pilin_Petunyia

Si, chaque hiver, les premiers flocons de neige semblent prendre l’automobiliste moyen au dépourvu — comme s’il n’avait jamais connu d’hiver — on dirait qu’il lui faut se faire à nouveau à l’idée que la route se partage une fois celui-ci terminé. Autrement dit, c’est le printemps, et les cyclistes sont de plus en plus nombreux sur la voie publique.

C’est à croire qu’il faille toujours tout reprendre du début. Et c’est un brin lassant. Un ami cycliste d’origine française s’étonnait récemment de l’habileté que développent les conducteurs québécois durant l’hiver : rouler sur la glace, braver les tempêtes, se sortir des bancs de neige… Puis, tout à coup, ils redeviennent des «brêles» [«nul, bon à rien»,en argot parisien] sitôt qu’un cycliste surgit sur la route.

Une autre copine, pas cycliste pour deux sous, constatait cette semaine que «les automobilistes sont tellement intransigeants envers les cyclistes.»

L’idée n’est pas de dire que les cyclistes sont nécessairement vertueux et les conducteurs de voiture, tous des enragés. La vérité se trouve au milieu. Mais une chose est sûre, le «combat» n’est pas mené à armes égales. Ne perdons pas de vue que le cycliste risque sa vie dans une collision avec un véhicule. L’automobiliste, lui, est protégé par une méga armure de métal.

Juste la semaine dernière, à deux reprises, j’ai craint le pire pour deux cyclistes de mon entourage immédiat qui ont été happés. L’un s’en est tiré avec une fracture de la clavicule (et un casque fendu en deux), l’autre avec une sacrée frousse et une douleur lancinante à l’épaule. D’ailleurs, dans ce dernier cas, le conducteur qui l’a heurté n’a jamais pu le voir, car un VUS était stationné illégalement sur le coin de la rue, obstruant la vue et cachant le panneau d’arrêt. Chers amis, je sais bien que c’est parfois difficile de se garer en ville, mais les interdictions de stationner ont leur raison d’être…

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Un mot aussi sur le «pourquoi-ils-ne-roulent-pas-juste-dans-les-pistes-cyclables-gate». Eh bien ma foi, parce que le réseau cyclable montréalais est mal adapté. Point. Il n’y a même pas de voie cyclable digne de ce nom pour traverser la ville dans l’axe nord-sud à l’ouest de la rue Berri. Moi qui habite l’arrondissement de Verdun, situé dans le sud-ouest de Montréal, pour me rendre, disons, dans le quartier Mile-End, en n’utilisant que le réseau des pistes et bandes cyclables, je dois effectuer une tonne de détours vers l’est. Ça n’a pas de bon sens.

De plus, puisque les pistes cyclables ne sont pas assez nombreuses, cela engendre de la saturation ou de la congestion, pour parler en jargon de circulation. Alors, s’il vous plaît, veuillez faire preuve de tolérance envers ces cyclistes que vous croisez dans les rues. Ils sont à la fois plus vulnérables et moins pollueurs. À ce sujet, je ne saurais trop vous recommander la lecture de ce texte, qui met vraiment les choses en perspective quant à ce que c’est que de rouler à vélo en ville.

Je disais donc, c’est le printemps et, comme tous les printemps, les vélos envahissent les rues, que ça nous plaise ou non. Moi, ça me plaît, non seulement parce que j’adore rouler à bicyclette, mais aussi parce que, pour chaque deux roues sur la rue, ça veut dire moins d’essence brûlée, moins d’émission de gaz à effet de serre. Le cyclisme contribue à une meilleure qualité de l’air, tout en réduisant l’usure et le coût d’entretien des rues. De ça, il me semble que tout le monde devrait se réjouir.

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Marilyse Hamelin est journaliste indépendante et conférencière. On peut notamment la lire dans Le Devoir, La Gazette des femmes et le magazine spécialisé Planète F. Elle blogue également pour la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et est l’auteure de l’essai Maternité, la face cachée du sexisme, publié chez Leméac.

Les opinions émises dans cet article n’engagent que l’auteure et ne reflètent pas nécessairement celles de Châtelaine.

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