Il fait chaud, mais avons-nous vraiment besoin de la climatisation?

Je hais la canicule tout en étant aussi plutôt défavorable à la clim. Voici pourquoi.

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Je déteste la chaleur moite, intense, celle qui écrase, qui nous transforme en larves, celle qui me fait craindre le coup de chaleur pour mon animal de compagnie, celle des nuits blanches, des maux de tête….

La canicule, c’est le désespoir, une vision terrestre s’approchant des feux de l’enfer brûlant éternellement. C’est un aperçu de l’apocalypse avant le temps, avec tout ce qui nous est annoncé quant aux changements climatiques d’ici la fin de ce siècle. En deux mots, la canicule, c’est pour moi le «combo parfait» : anxiété et angoisse totale.

Malgré tout, je souffre «au naturel». Je n’ai pas de climatiseur. Pourquoi? Si j’habitais aux États-Unis, où l’électricité provient de sources extrêmement polluantes, je vous dirais «parce que je n’ai pas envie de contribuer au dérèglement du climat en luttant bien égoïstement contre la chaleur de mon foyer».

Photo: Haley Phelps/Unsplash

Une étude américaine a récemment quantifié l’impact de la surconsommation électrique liée aux climatiseurs sur les émissions de polluants pendant un épisode de canicule. Verdict : la climatisation est responsable d’une hausse de 3% à 4% des émissions de gaz à effet de serre par degré supplémentaire par rapport aux normales saisonnières. Utiliser la clim chez nos voisins du Sud, c’est une solution individuelle qui engendrent encore plus de problèmes collectifs. «J’ai chaud, moi. Et tant pis pour le reste.» Typiquement nord-américain!

Or, nous sommes au Québec et l’électricité provient des barrages hydroélectriques, ce qui est quand même mieux pour l’environnement, quoique tout cela se discute…

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Bref, je n’ai pas la clim chez moi parce que, d’une part, je suis économe. Il est moins aisé de climatiser toute une maison de deux étages plus un sous-sol qu’un petit appartement. Et je n’ai pas l’intention d’investir dans une thermopompe de sitôt! Aussi, je déteste le vrombissement des systèmes de climatisation. Encore là, les plus silencieux sont ceux qui nécessitent un bon pactole d’investissement…

Mais, surtout, je n’ai pas la «clim» car elle peut représenter des effets négatifs pour la plupart des personnes en bonne santé – les périls associés à une chaleur trop intense sont surtout le lot des nourrissons, des jeunes enfants, des personnes âgées et celles ayant de problème respiratoire notamment… À force d’imposer à son corps des chocs thermiques successifs en passant du dedans glacial (je pense aussi aux tours à bureaux l’été) à l’extérieur brûlant, celui-ci cherche à se défendre.

En entrevue sur France info, l’été dernier, le spécialiste en santé publique de l’Université de Marseille Jean-Louis San Marco indiquait que «lorsqu’il fait chaud, les vaisseaux sanguins [de notre nez, de notre gorge] se dilatent pour aider le corps à éliminer le surplus de chaleur. Au contraire, quand il fait froid, ils se contractent pour la garder. Quand on passe trop souvent du chaud au froid, nos muqueuses s’irritent, s’enflamment et retiennent alors la moindre poussière ou le moindre virus qui passe. Résultat : angines, rhinites, sinusites à foison».

Bref, vivre dans une tour d’ivoire glacée ne peut être la solution. Encore une fois cette année, je vais plutôt opter pour les bonnes vieilles méthodes qui consistent à fermer fenêtres et les rideaux durant le jour et d’aérer tard en soirée et la nuit. Certains suggèrent même d’étendre du linge mouillé aux fenêtres le soir, je vais peut-être l’essayer. Durant le jour, on peut lire à l’ombre d’un arbre au parc, marcher au bord de l’eau où il fait plus frais….

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J’ai aussi déjà prévu de demander le «refuge climatique» en banlieue chez ma mère pour quelques jours, elle qui a une cour bien ombragée et une grande piscine. Ça va, elle a l’habitude… Ne vous gênez pas pour faire de même, pour demander de l’aide à vos proches, squatter le sous-sol de vos amis, visiter la famille en campagne ou passer vos journées à la piscine publique.

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Marilyse Hamelin est journaliste indépendante et conférencière. On peut notamment la lire dans Le Devoir, La Gazette des femmes et le magazine spécialisé Planète F. Elle blogue également pour la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et est l’auteure de l’essai Maternité, la face cachée du sexisme, publié chez Leméac.

Les opinions émises dans cet article n’engagent que l’auteure et ne reflètent pas nécessairement celles de Châtelaine.

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