Je suis une boule de stress

«Ça fait longtemps que je sais que je carbure au stress. Ça fait longtemps aussi que je sais que se servir du stress comme carburant n’est pas la meilleure affaire», écrit Geneviève Pettersen.

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Ça fait longtemps que je sais que je carbure au stress. Ça fait longtemps aussi que je sais que se servir du stress comme carburant n’est pas la meilleure affaire. Mais je ne suis pas la seule pour qui le stress est à la fois un moteur et un problème. « Selon le Dr Herbert Benson, du Mind/Body Medical Institute de l’Université Harvard, environ 80 % des consultations médicales seraient liées au stress, d’une manière ou d’une autre. De même que 60 % à 80 % des accidents de travail, selon l’American Institute of Stress »[1], ai-je lu sur le site de Passeport Santé. 80 %, c’est beaucoup de monde. Et ce que disent ces chiffres, entre autres, c’est qu’on a vraiment de la misère à le gérer et à l’assumer, ce stress.

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Photo: iStock

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Avant, même si je savais que j’étais stressée, je ne voulais pas me l’avouer. Alors, au lieu de tenir compte de mon état et de trouver des façons positives de canaliser ce stress, je me transformais en démon.  Mes enfants me tombaient sur les nerfs, la plus petite obligation (mettons, aller acheter du lait) m’apparaissait comme une montagne, et mes rapports avec les autres ressemblaient à la relation qu’entretient Donald Trump avec le Mexique. Je m’emmurais et j’étais persuadée que tout le monde en dehors de ma petite personne représentait une menace à éradiquer.  Ma « belle » humeur était particulièrement agréable pour mon entourage, qui s’évertuait sans succès à me convaincre que ce n’était pas parce qu’on m’avait demandé ce qu’on mangeait pour souper que l’on désirait me soumettre à l’esclavage ou critiquer ma cuisine.

En regardant la liste des symptômes du stress sur Passeport Santé, j’ai réalisé que j’étais un cas lourd. Sur le plan des manifestations physiques du stress, mon score est de 3 sur 7 : maux de tête, difficulté à dormir et tensions musculaires. C’est pire en ce qui a trait aux manifestations mentales et comportementales : agitation, irritation, indécision, inquiétude, anxiété, perception négative de la réalité, difficulté dans les relations avec les autres et, surtout, ABUS DE TÉLÉVISION. Je viens de découvrir pourquoi j’écoute Barmaids avec tant d’enthousiasme. Pas de doute, je suis une boule de stress.

Je suis certaine que si vous consultez la liste des symptômes, vous allez scorer fort vous aussi. C’est que même si le corps médical nous supplie de nous calmer le pompon, la société entière carbure au stress. On n’est jamais assez rapides, performants et productifs. Cela est paradoxal, bien entendu. Et ce qui l’est encore plus, c’est que le stress n’amène pas juste des choses négatives. Quand je le gère bien, il peut devenir un moteur formidable. Ma solution pour arriver à transformer mon stress en quelque chose de positif a été le sport. Pour vous, c’est peut-être le dessin, le tricot ou le tir au pigeon d’argile, que sais-je ? Une chose est certaine : je me sens beaucoup mieux depuis que j’ai dompté le démon du stress, même si, parfois, je le sens encore qui s’empare de moi. Dans ce temps-là, je dis trois Je vous salue Marie sur mon vélo de spinning, pis tout se replace. Amen.

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Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)

[1]http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=stress_composantes_do

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