La nature, je ne peux m’en passer et vous non plus

Les bienfaits d’une balade en nature ont été prouvés maintes fois par la science. Notre terrain de jeu est juste là, on serait fou de s’en passer, dit notre rédactrice en chef, Johanne Lauzon.

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Photo: iStock.com/MarioGuti

Je ne rêve pas de rivières de diamants, ni de virées en Bugatti ou de séjours à l’hôtel Ca’ dei Conti de Venise à 2 200 $ la nuit.

Mon bonheur se terre dans le fin fond des bois. Je ne me formalise même pas du logis. Qu’importe que ce soit un chalet rudimentaire ou une tente. Je n’ai besoin que de peu –au moins un canot pour glisser sur un lac.

Dès que j’en ai l’occasion, je me réfugie à la campagne. La moindre chose y revêt les contours du merveilleux. Les premières lueurs du jour qui nimbent l’horizon, le pic-bois qui s’acharne sur un vieux tronc, les feuilles qui, au vent, improvisent des sonates, les sabots de Vénus qui s’épanouissent comme des jeunes filles en fleurs. Tout m’éblouit.

La nature m’apaise. Pas à pas, dans un sentier boisé, ou couchée dans l’herbe, je m’abandonne. J’appartiens au paysage.

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La nature nous invite à échapper à la frénésie, à regarder autour de nous et à déposer les armes (lire ici nos téléphones supposément intelligents). Les deux pieds dans les fardoches, impossible de se lasser d’observer ce qui frémit aux environs. (Moi, la fille de la ville, j’ai même appris à distinguer les pins gris des épinettes noires.)

L’effet vivifiant du contact avec la verdure reste incomparable. Sur moi. Sur vous aussi. Ce n’est pas qu’une intuition. De nombreuses études confirment ses bienfaits sur la santé humaine. Ça nous rend heureux. Nous qui vivons de plus en plus enfermés dans nos logements, nos bureaux et nos commerces. Les Nord-Américains passent 93 % de leur temps à l’intérieur, dont 6 % en auto (!), selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.

Même pas besoin de fuir la ville pour tirer profit de la vitamine verte. La seule vue d’arbres et d’un bout de ciel accroît le bien-être des personnes qui s’y exposent, selon des chercheurs britanniques.

L’ajout de 10 arbres dans un quartier apporte autant de bénéfices santé qu’une hausse de salaire de 10 000 $ ou même qu’avoir sept ans de moins, indique une étude réalisée à Toronto.

Le Japonais Qing Li, médecin immunologiste de l’Université de Tokyo, mène des recherches sur la sylvothérapie depuis près de 15 ans. Dans Shinrin yoku – L’art et la science du bain de forêt, paru ce printemps, il présente les résultats de son expérience personnelle et de ses études scientifiques.  Une lecture fascinante.

Marcher parmi les arbres ne fait pas que chasser la fatigue et les émotions négatives. Selon le chercheur, les bains de forêt stimulent le système immunitaire, aident à mieux dormir, diminuent l’anxiété et la dépression, abaissent la tension artérielle et le taux de cortisol, cette hormone du stress souvent au plafond à cause de nos vies de fou.

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«La bonne nouvelle, c’est que même un bref moment passé dans la nature peut influer sur notre santé, écrit le Dr Li. Un bain de forêt de deux heures vous aidera à faire une pause technologique et à ralentir le rythme.»

Leader mondial en la matière, le Japon a instauré un programme national en faveur du bain de forêt, il y a plus de 35 ans. On y trouve 62 forêts thérapeutiques, où l’on peut faire le plein de phytoncides (ces substances aromathérapeutiques que dégagent les arbres) et obtenir une consultation auprès de thérapeutes qualifiés. Il y a, ici aussi, des initiatives en ce sens.

Pas d’hésitation, donc. Au cours des prochains jours, on pique-nique au parc ou on s’évade côté grands espaces. Notre terrain de jeu est juste là. On serait fou de s’en passer. 

Johanne Lauzon, rédactrice en chef
Écrivez-moi à  johanne.lauzon@chatelaine.rogers.com

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