Un poulailler dans sa cour

Depuis trois ans, huit dames en noir partagent les étés de Katerine-Lune Rollet. Notre chroniqueuse du mois nous raconte sa cohabitation avec ses poules.

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Chroniqueuse du mois

Depuis trois ans, huit dames en noir partagent mes étés. Elles arrivent en juin et repartent avant les froids d’hiver. Élégantes, elles soignent leur robe et gardent l’œil vif. Mon fils adore leur compagnie, surtout qu’elles m’aident à faire les meilleures crêpes du monde. Je les aime bien, ces dénommées Bovans, même si elles ne sont pas particulièrement intelligentes : il leur arrive de déféquer dans leur eau potable! Je deviens donc sédentaire pour quelques mois afin de m’occuper d’elles au quotidien, tandis qu’elles fertilisent mon jardin. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour des œufs frais?

Avant de les accueillir sur mon terrain, j’ai dû louer une pépine pendant 48 h. Les anciens propriétaires de la maison m’avaient expliqué que le poulailler avait besoin d’être sécurisé. Renards et ratons s’amusaient à y entrer. Qu’à cela ne tienne! J’ai creusé une tranchée de 75 cm, mis du grillage à poules, remblayé. Pas question de perdre un volatile!

Une fois leur résidence prête, il fallait trouver lesdites poules. Ce fut fait chez F.G. Edwards à West Brome. Ce charmant magasin général existe depuis 1928. La commande se passe quelques mois à l’avance et le jour J, on va chercher les poulettes (d’environ 20 semaines, âge où elles se mettent à pondre). Et hop dans des boîtes en carton direction maison.

L’adaptation à leur nouvelle vie prend quelques jours. Au départ craintives, elles demeurent dans le poulailler. Puis peu à peu, elles sortent, grattent la terre pour trouver des insectes à travers les feuilles mortes (qui leur sert de litière). Mon moment préféré: une fois apprivoisées, elle accourent quand j’arrive avec le compost. Bye-bye la culpabilité de jeter les restes. Arrivées à leur vitesse de croisière, elles pondent un œuf par jour. Vous me direz que c’est beaucoup, huit cocos, pour une famille de trois. Il y a parfois des embouteillages dans le frigo! Mais je cuisine en abondance omelettes, quiches et crème glacée (ma recette préférée nécessite à elle seule sept œufs). J’en donne aussi souvent aux amis.

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Cette année, quand l’employée du magasin général a mis mes nouvelles amies dans la boîte, il y en a une qui rouspétait davantage. J’ai failli dire: «Peut-on la changer pour une plus calme?». J’aurais dû.

Après quatre jours, elle essayait de «monter» ses voisines. Évidemment, la citadine que je suis n’avait pas réalisé que c’était un… coq! Comme il n’avait pas encore de barbillons et ne criait pas «cocorico» (trop jeune), mon amoureux n’était pas certain du verdict. Après avoir observé qu’il avait un harem de trois poulettes dépendantes, mais surtout qu’il faisait le fier pet et ruait dans les brancards chaque fois qu’on s’approchait de l’enclos, j’ai décrété que c’était bel et bien un MÂLE.

Rapporter un coq au magasin, j’imagine que c’est comme aller échanger une montre défectueuse à La Baie? Ce serait si simple. J’ai rappelé F.G. Edwards qui ne pouvait pas le reprendre. Idem pour l’éleveur, par crainte de contamination. J’ai donc mis mon coq à donner sur FB. Sans succès. Si je veux dormir le matin cet été, vous avez une solution?

Photo: Louis Prudhomme

Photo: Louis Prudhomme

Ce n’est pas pour rien que sa famille l’appelle le petit mulot: l’animatrice Katerine-Lune Rollet est avant tout une gourmande qui grignote sans arrêt. Chroniqueuse pour le magazine Ricardo, elle s’assoit aux meilleures tables pour son blogue katerinerollet.comEntourée de ses huit poules, elle partagera cet été ce qui titille ses papilles. Z’avez faim?

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