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Je vous aime, mais je pars

Geneviève Pettersen nous dit au revoir.

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Ma_parole

Depuis quelques semaines déjà, je me questionne sur mon rôle de chroniqueuse à Châtelaine. Je me questionne parce que je trouve de plus en plus difficile d’occuper cette position. De l’opinion, il y en a partout. Des chroniqueurs aussi. C’est devenu de plus en plus lourd pour moi de chercher le bon angle pour aborder LE sujet dont tout le monde parle, LE sujet à côté duquel il ne faut pas passer sous peine d’avoir l’air « off ». Off. C’est à cette position que j’ai envie de placer l’interrupteur depuis quelque temps. Je n’ai plus envie de générer de l’opinion à la chaîne et de jouer ce rôle dans l’espace public. J’en ai marre de la cacophonie ambiante. Je souhaite toujours que ma voix soit entendue, mais moins de cette façon.

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Le Quartanier / Christian Blais

Photo: Le Quartanier/Christian Blais

Je m’interroge sur les répercussions de mes chroniques familiales sur la vie de mes filles. Elles grandissent, et je ressens un malaise de plus en plus grand à étaler leur quotidien au grand jour. Je désire les préserver de ça. Ardemment. Elles n’ont pas choisi la vie publique et n’ont pas à défendre mes positions dans la cour de récréation. Je préfère qu’elles jouent au ballon poire et qu’elles fassent de la natation. Les batailles, elles les livreront plus tard, quand elles seront armées pour ça.

Parlant de batailles. Les batailles, critiques et prises de bec qui ont lieu sur les médias sociaux concernant les femmes qui osent critiquer ou avoir des opinions fortes ont pris beaucoup d’ampleur ces derniers temps. C’est la rançon de la gloire, dit-on. Je ne suis pas d’accord. À mon sens, on assiste présentement à une dérive sur laquelle il faut réfléchir au plus vite. On ne peut pas tout dire parce qu’on se cache derrière un écran. J’en ai marre des guéguerres qui sévissent sur Facebook et Twitter. Je rends les armes. Je ne veux plus faire la guerre sur ce terrain-là.

Mon travail à Châtelaine pendant ces deux années a fait de moi une meilleure auteure, et vous, chers lecteurs, vous avez fait de moi une meilleure personne. Vous m’avez amenée à remettre en question certaines opinions et à réfléchir sur différents enjeux. Ensemble, on a vraiment parlé de tout. On a jasé de Kraft Dinner, de culture du viol,  de ménage, d’anxiété, de chicanes entre frères et sœurs et d’islamophobie. Je suis fière de ça. Très fière. Merci d’avoir été là en si grand nombre. Merci de m’avoir tenu la main quand j’avais de la difficulté à avancer ou que je traversais une tempête. Merci de m’avoir écrit pour m’encourager à être qui je suis et à persévérer à dire tout haut ce que plusieurs taisent. Maintenant, j’ai envie de retourner le projecteur. J’ai envie d’aller vers vous plus encore. Ça fait que je vais revenir à ce que je fais de mieux, raconter des histoires. Les miennes, mais surtout les vôtres. On se revoit bientôt, vous pouvez être certains de ça. Et je veux vous dire que vous me manquez déjà.

À LIRE: Je ne pourrai jamais prendre ma retraite

Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)

16 commentaires à propos de “Je vous aime, mais je pars

  1. Je suis vraiment désolée … J’adorais vous lire… Je suppose que l’on aura droit à un roman dans les prochains mois, ce qui me console!
    Merci pour toutes ces minutes passées en votre compagnie, au petit matin…
    Bonne continuité et que le succès vous accompagne.

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  2. j’apprécie une femme qui est capable d’assumer ce qu’elle pense en-dedans en passant à l’action… oui il est maintenant encore plus difficile de dire ce qu’on veut, malgré la liberté d’expression car tout le monde est rapidement réactionnel au contenu sans parfois prendre le temps de comprendre le contexte de notre contenu… et oui il faut protéger vos filles, ce sont les femmes de demain ! Bon choix et bonne chance et j’ai déjà hâte de vous relire…

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  3. C’est très dommage que GenevièvePettersen nous quitte,ses chroniques vont me manquer.
    Merci pour tout!
    On se reverra où?

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  4. Merci pour tous ces délicieux moments…Que je voyais arriver avec bonheur dans mon fil d’actualité! Au plaisir de lire maintenant votre prochain roman!
    Bonne suite!
    Marianne

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  5. Dommage ! J’avais toujours hâte de lire votre article. Bonne poursuite à vous.

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  6. Dommage pour nous, lectrices et lecteurs! J’aimais beaucoup votre propos, votre plume, votre angle très personnel. Bonne suite du monde dans l’écriture.

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  7. Merci d’avoir été là, tes chroniques étaient un exutoire pour moi!

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  8. Merci pour vos chroniques de coeur et toute l’honnêteté qu’elles dégagaient. J’ai vraiment aimé vous lire. Vous êtes une femme de coeur…

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  9. J’ai adoré vous lire et encore plus vous partager selon le sujet abordé. Vous avez bien raison de prendre soin de votre trésor familial et de protéger votre coeur contre ces internautes qui menacent sans savoir leur degré de dangerosité. Encore merci pour votre audace et bonne continuité.

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  10. Merci pour toutes ces belles chroniques de la vraie vie avec des points de vue qui me rejoignais. Je vous souhaite plein de succès, satisfaction dans vos projets. Vous êtes une belle femme !! Vous avez raison de protéger vos filles. Et effectivement les réseaux sociaux sans filtre et retenue ce n’est pas génial…y aura-t-il un retour de balancier ?
    A bientôt, dans un de vos livres.

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  11. Je comprends parfaitement votre décision et vos raisons qui l’expliquent même si votre chronique me manquera. Bonne chance dans tous vos futurs projets.

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  12. Cela a été agréable vous lire. J’espère vous retrouver sur d’autres pages de roman? Bonne continuation dans vos projets d’écriture!

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  13. Bonne chance dans vos petits et grands projets – merci pour votre sincérité et votre intégrité – qualités rares malheureusement – aujourd’hui il faut paraître – tout va trop vite il ne reste pas de temps pour être ou devenir – il faut toujours passer à autres choses…….c’est un peu fou.

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  14. C’était vraiment un grand plaisir de vous lire, mais je vous comprend et je vous souhaite bonne chance pour la suite.

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  15. J’ai toujours apprécié vos commentaires et opinion. Vous allez me manquer et j’ai déjà hâte de vous relire.
    Il est tellement important de bien s’occuper de nos filles afin de préserver nos acquis en tant que femme.
    Au plaisir et a bientôt

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  16. J’ai le coeur gros, gros, gros… J’achetais le Châtelaine, plutôt qu’une autre revue, PARCEQU’IL y avait l’ARTICLE tant attendu du Geneviève Pettersen! Textes pertinents, mais surtout, j’avais l’impression de me reconnaitre tellement elle écrit avec justesse, empathie et sensibilité…
    Je la comprends de quitter, j’en aurais plus que marre moins aussi de toutes ces opinions qui fusent de partout!!
    Merci Geneviève!

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