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Parler de poids à ses enfants?

L’organisme ÉquiLibre qui travaille à prévenir et à diminuer les problèmes liés au poids et à l’image corporelle au Québec, célèbre la cinquième édition de la Semaine «Le poids? Sans commentaire!». Le thème de cet événement qui a lieu du 7 au 11 novembre? L’impact sur les enfants et les ados de nos paroles et de nos gestes en lien avec le poids.

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Joanie-bandeauLes résultats du sondage mené par ÉquiLibre sur le sujet parlent d’eux-mêmes. La majorité des répondants se souviennent d’avoir reçu des commentaires ou des critiques sur leur poids quand ils étaient enfants. Plus ils en ont reçu, plus ils sont préoccupés par leur apparence physique aujourd’hui. Au total, c’est près d’un répondant sur deux qui se dit tracassé par son poids à l’âge adulte. Et plus les gens sont soucieux de leur tour de taille, plus ils exposent leurs enfants à la phobie du poids. Un beau cercle vicieux, vous ne trouvez pas?

La semaine dernière, j’ai lu chacun des 208 témoignages en lien avec le thème, rédigés de façon anonyme et publiés sur le site lepoidssanscommentaire.ca. Voici, entre autres, le genre de commentaires qu’on peut y lire:

  • «À quatre ans, mon père ne me portait plus sur son dos, me disant que j’étais trop lourde. Au même âge, j’étais déjà au régime et consciente d’être plus grosse que la moyenne. Je rêvais déjà d’être mince.»
  • «Durant toute mon enfance, mes parents et mes grands-parents m’ont forcée à manger au-delà de mon appétit, car ils me trouvaient trop maigre. Les repas ont longtemps été pour moi une punition…»
  • «J’avais 18 ans lorsque j’ai eu cet échange avec mon père:

Lui: Je ne trouvais pas la laitue dans le frigo. J’étais content parce que je pensais que tu l’avais mangée.
Moi: Pourquoi tu étais content en pensant que j’avais mangé la laitue?
Lui: Ben… parce que tu es grosse…

Ma mère était à côté et n’a rien dit. J’ai presque 30 ans et j’y pense encore. Cette remarque et l’accumulation des insultes liées à mon poids ont grandement affecté mon estime. J’ai longtemps pensé que personne ne pourrait jamais m’aimer si mes parents, qui sont supposés m’aimer inconditionnellement, n’étaient pas capables d’accepter mon poids.»

 

 

Photo: iStock

Photo: iStock

Je ne vous mentirai pas, j’ai eu les larmes aux yeux en lisant ces témoignages à la fois si tristes, si enrageants et si touchants. De peine, surtout, pour ces femmes et ces hommes qui vivent de terribles conflits intérieurs par rapport à leur apparence à cause de commentaires innocents ou blessants reçus dans l’enfance ou l’adolescence. Et de peine pour moi un peu, aussi, qui travaille très fort depuis toujours pour avoir ne serait-ce qu’un peu plus confiance en moi, pour me sentir un peu plus belle et bien dans ma peau.

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Parce que, oui, j’ai aussi été victime de commentaires désobligeants et de critiques virulentes quand j’étais jeune adolescente. «Tu devrais perdre du poids!», «Les garçons préfèrent les filles minces!», «Ne mange pas tout le pain!», «Vas-tu réellement prendre une deuxième portion?», «As-tu vraiment encore faim?» Vous n’avez pas idée à quel point c’est dur pour moi d’écrire ces courtes réflexions ou questions qui ont dévoré toute mon estime de moi et qui ont peint en noir l’image que j’avais de mon propre corps avant même d’avoir 18 ans. Ça me fait mal chaque fois que j’y pense, que j’en parle et que je l’écris. Le genre de grosses blessures que je panse tous les jours, sans jamais réussir à les guérir.

De grâce, faites attention à ce que vous dites à vos enfants et aux jeunes de votre entourage. Évitez de leur donner des conseils non sollicités, de faire des remarques ou des plaisanteries déplacées, et de critiquer le poids de quiconque (le vôtre, le leur ou celui des autres). Aidez-les plutôt à solidifier leur confiance en eux, à se trouver magnifiques tels qu’ils sont, hier, aujourd’hui et demain, et à s’épanouir en toute tranquillité d’esprit, sous votre regard bienveillant. Croyez-moi, c’est ce que vous pouvez offrir de plus beau à votre progéniture.

Suivez Joanie Pietracupa sur Twitter (@theJSpot) et Instagram (@joaniepietracupa).

 

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