Trouver sa maison en cherchant sur le web

Fin vingtaine, Marie-Pier Gagnon nous raconte l’achat et la rénovation de sa première maison, étape par étape. Une série de chroniques qui n’a rien du mode d’emploi traditionnel.

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Il y a deux ans, nous naviguions d’un site web de vente de propriétés à un autre, plus ou moins sérieusement. Nous commencions à peine à tâter de la calculatrice hypothécaire qu’une coquette shoe box nous a fait de l’œil.

Elle répondait à la plupart de nos critères, mais le hic, c’est qu’elle était située à Tétreaultville. Tétreauquoi? Ce n’est pas une circonscription, pas un arrondissement, mais quand on regarde une vue d’ensemble de Google Maps, à l’est de l’île, passé l’autoroute 25, c’est écrit en gris pâle: Tétreaultville. Donc, un peu plus loin que ce que nous cherchions, mais nous avons décidé d’aller la visiter quand même.

Première visite, premier coup de cœur. Mais nous n’étions pas prêts. Même si la maison était plutôt abordable, nous n’avions pas encore amassé l’argent nécessaire. Nous avons commencé à virer nos calculs de tous bords tous côtés, jusqu’à ce que mes parents nous proposent un coup de pouce pour pallier ce qui nous manquait. Soudainement, toute ma rancœur de n’avoir jamais vu Walt Disney World s’est envolée.

Nous avons fait une offre… Acceptée! Et une course contre la montre s’est amorcée.

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Nous avions deux semaines pour obtenir un prêt hypothécaire. Pas si simple quand ton couple est composé de deux jeunes travailleurs autonomes. Nous nous sommes finalement tournés vers une courtière en hypothèques. Expérience déroutante. D’un côté, la personne qui s’occupait de nous dénicher le plus important prêt monétaire de notre vie nous envoyait des courriels écrits en caractères rigolos, en rouge et en italique. Mais d’un autre côté, elle a réussi à trouver une institution financière qui acceptait de nous prêter à un taux hypothécaire avantageux. Nous avons fermé les yeux sur les courriels de clown.

Tout était dans la poche. Nous commencions à élaborer des plans déco et de configuration de salle à manger. La couleur de la cuisine était choisie. Il ne restait plus qu’une formalité: l’inspection préachat.

Référé par des amis, notre inspecteur, un monsieur plein d’expérience, a fait le tour de la résidence avec son assistante. Ils observaient les robinets, les fenêtres, les cadres de porte, les fils électriques et les petites craques dans le plancher. Ils prenaient des photos de tout ce qui dépassait, mais ça regardait bien! Jusqu’à ce qu’il descende dans la cave de service avec mon chum. «Hmmm, sens-tu la draft d’humidité?» Les choses commençaient à se corser: il y avait une infiltration d’eau dans la cave en terre battue. Nos beaux plans s’effritaient comme une fondation rongée par la moisissure.

Quelques photos de la cave tirées du rapport d’inspection.

 

La propriétaire était prête à baisser son prix pour nous, mais nous avions si peur de découvrir d’autres problèmes lors des réparations que nous lui avons demandé de s’occuper des travaux, sans changer notre offre d’achat… Demande refusée! Retour à la case départ. Vous avez lu la moitié d’un article pour rien (mais vous savez maintenant que même si on est bien excité, il faut faire inspecter).

Nous avions été si exaltés à l’idée d’acheter la maison que nous avons commencé à parcourir frénétiquement le web à la recherche d’une nouvelle propriété. Sans l’aide d’un agent immobilier, le centre de mon univers est devenu Centris, et DuProprio, mon oxygène. Une obsession. Je me rendais sur ces sites dès que j’avais un moment libre, pour être certaine qu’une nouvelle inscription ne m’échappe pas. Mais rien ne se passait. Très peu de shoe boxes correspondaient à ce que nous cherchions. Nous en avons visité quelques-unes au look bizarre, mais les trappes de sous-sol dans les salles de bains et les plafonds de stuc ne nous attiraient pas vraiment… J’en suis venue à regretter la maison à la cave moisie.

Puis, un lundi de février, au cours de ma vigie matinale, elle est apparue. Deux chambres, un coin bureau, une spacieuse aire ouverte, une cour avec un grand arbre, une station de métro tout près, MAIS du papier peint à la grandeur, des planches de bois au mur, bref un cachet pour lequel le mot «rustique» a été inventé. Nous avons voulu la visiter sur-le-champ. La déco était encore plus déstabilisante une fois sur place que sur les photos, mais la maison avait de toute évidence énormément de potentiel. Après une deuxième visite afin d’avoir l’avis d’un expert (mon père a eu des propriétés, ça fait de lui un spécialiste, non?), nous avons fait une offre d’achat. Le prix demandé était pas mal plus élevé que ce que nous pouvions nous permettre, mais préapprobation hypothécaire en main, nous avons tenté le tout pour le tout en offrant beaucoup moins et… notre offre a été acceptée!

La voici! Charmante à l’extérieur… et surprenante à l’intérieur.

Il y avait encore un hic (il y a toujours des hics quand on achète une propriété). Nous pensions déménager l’été suivant et pouvoir boire des petits verres de blanc fruité sur notre terrasse quelques semaines plus tard, mais la maison n’était libre qu’en octobre! Après avoir hésité pendant deux minutes, nous avons signé.

L’inspection a été très satisfaisante. Nous avions donc sept mois pour cogiter, faire des plans, prévoir notre déco et nos rénos. Nous sommes devenus des maîtres de l’organisation, comme vous le verrez dans la prochaine chronique.

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Marie-Pier Gagnon est rédactrice à la pige.

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