Châtelaine

Recherche de recettes







À contre-courant

Le cholestérol ne bouche pas les artères !

Publié dans Châtelaine de mai 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Le cardiologue français Michel de Lorgeril conteste que le cholestérol soit la principale cause des maladies cardiovasculaires.
 

Nocif pour la santé, le cholestérol ? Pas tant que ça, affirme le cardiologue français Michel de Lorgeril, qui conteste que le cholestérol soit la principale cause des maladies cardiovasculaires – donnée qui fait pourtant consensus dans la communauté scientifique. Il s’agit là, pour lui, « d’une grande foutaise basée sur des statistiques et des études biaisées, tronquées, voire manipulées ».

Michel de Lorgeril a dirigé de nombreuses recherches sur les troubles cardiovasculaires au sein du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France. Il a été membre de l’équipe médicale et de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal au milieu des années 1980.

Dans son dernier livre, Cholestérol, mensonges et propagande (aux Éditions Thierry Souccar), ce chercheur iconoclaste s’escrime, études et données statistiques à l’appui, à mettre en charpie les fondements de la « théorie du cholestérol ». Cet essai médical, en voie de traduction dans 18 pays, a suscité un tollé dans les cénacles médicaux français.

La fameuse « théorie du cholestérol » repose sur un argument central : le cholestérol est toxique pour le cœur. Il bouche les artères à une vitesse proportionnelle à son taux dans le sang. D’où le risque d’infarctus. « C’est une thèse absurde qu’on ne cesse de marteler dans le cerveau des citoyens. Quand on ne retient que les données scientifiques vérifiables, il ne reste plus rien de cette théorie. Tous les cardiologues savent très bien que le cholestérol ne peut pas boucher les artères », afirme-t-il.

Dans 99,5 % des cas, l’occlusion d’une artère, qui est la cause de l’infarctus du myocarde, est attribuable à un caillot. Et ce qui cause la formation de caillots, ce n’est pas le cholestérol, mais une circulation sanguine déficiente souvent aggravée par une mauvaise alimentation, précise-t-il. « Quand je soutiens cette thèse devant des assemblées de cardiologues, personne ne la récuse. »

Le docteur Michel de Lorgeril s’attaque aussi aux statines, les principaux médicaments prescrits pour l’hypercholestérolémie. Selon lui, elles se sont révélées inefficaces pour réduire la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. « On s’en rend compte quand on analyse les essais cliniques des huit dernières années portant sur les statines. »

De plus, il estime que ces médicaments ne sont pas dépourvus d’effets indésirables qui pourraient être graves à long terme, ou au moins beaucoup plus dangereux que ce que les experts prétendent aujourd’hui. « En caricaturant un peu, il n’est pas faux de dire que nous suspectons les statines d’empoisonner les muscles, de favoriser les cancers et d’affecter les facultés mentales. Sans avoir le moindre effet protecteur pour le système cardiovasculaire », dit-il sur un ton narquois.

D’après ce cardiologue, les nouveaux médicaments anticholestérol représentent désormais un des plus gros chiffres d’affaires de l’industrie pharmaceutique mondiale : environ deux milliards de dollars américains chaque année. « Les enjeux économiques sont énormes : 7 millions de Français, 25 millions d’Américains, des centaines de milliers de Québécois et de Canadiens se voient prescrire chaque année des statines. » Il rappelle qu’en avril 2008, un expert américain en santé publique déclarait au Journal of the American Medical Association (JAMA) [publication de l’Association américaine des médecins] que « le milieu scientifique et médical était aujourd’hui gangrené par les conflits d’intérêt et une honteuse marchandisation de la santé publique ».

Il est clair, selon lui, que médecins et patients font fausse route en menant la guerre contre le cholestérol. Mais alors, que faire pour garder un cœur en santé ? Michel de Lorgeril préconise l’exercice physique et le régime méditerranéen riche en grains entiers, poissons, légumineuses, noix, fruits et légumes. « Soyons réalistes : il n’y a pas de remède miracle pour éviter un infarctus ! »


Réagissez à cet article en cliquant ici.



MISE EN GARDE : dans tous les domaines, des gens pensent autrement. Connaître leurs idées, MÊME SI ELLES CHOQUENT, permet de voir les nôtres sous un nouvel éclairage.


 

Bookmark and Share

RESTEZ À L'AFFÛT !
Abonnez-vous gratuitement à nos cyberbulletins, devenez fan de Châtelaine sur Facebook ou suivez-nous sur Twitter !

Cyberbulletins Facebook Twitter

 

© 2009