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Rencontres et portraits

Mariloup Wolfe fait le grand saut

Publié dans Châtelaine de septembre 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
On connaît la comédienne, mais que sait-on de la cinéaste ? Cet été, son film Les pieds dans le vide nous la fera découvrir dans ce nouveau rôle. Rencontre avec une artiste en train de se redéfinir.
 

J’attendais une blonde. C’est une rousse qui arrive. « C’est pour les besoins d’un rôle », explique Mariloup Wolfe avec sa voix qui sautille. « J’ai hâte de redevenir blonde, même si, au Québec, ce sont les brunes qui ont les rôles-titres. Les blondes jouent les séductrices ou les bitches finies. » Bang. Spontanée et directe, la Mariloup. Elle sait toujours ce qu’elle veut... sauf en ce moment.

Hier, elle a jeté les boîtes où elle conservait ses cahiers d’école. Il y a peu de temps, elle a décroché tout ce qui était aux murs de sa maison. Un ménage symbolique. « Mon chum capote de me voir aller, mais j’ai besoin de faire de la place. » Place pour quoi ? Elle prend sa tasse de thé vert, me fixe de ses yeux pers. « Je ne sais pas. Je suis en... questionnement. »

Question un : Qui est-elle maintenant ? Pour le moment, elle sait surtout qui elle ne veut plus être. Pendant huit saisons, de 2001 à 2008, elle a incarné Mariane, étudiante en design de mode, dans le téléroman Ramdam. Ce rôle a fait d’elle une star auprès des 15 ans et moins. À preuve, cette gamine aux yeux brillants d’admiration qui interrompt notre conversation pour réclamer un autographe.

Le problème, c’est que Mariloup Wolfe a beau avoir joué dans mille téléséries (La Vie, la vie, 2 frères, Caserne 24, C.A.) et films (À vos marques... Party ! 1 et 2), avoir tenu la barre de Fais ça court !, une émission sur le court métrage, rien n’y fait : Mariane lui colle à la peau. Certes, le costume lui a plu mais, à 31 ans, il ne lui convient plus. Elle cherche de nouveaux habits – sur mesure.

Question deux : que veut-elle faire ? Ici, deux identités s’affrontent : la comédienne qu’on connaît et la réalisatrice qu’on s’apprête à découvrir – son premier long métrage, Les pieds dans le vide, sortira en salle le 14 août prochain. Une histoire de triangle amoureux, de relation mère-fille, d’homosexualité, d’avortement, de mort et d’espoir, sur fond de parachutisme. Comédienne, réalisatrice, laquelle aura le dernier mot ?

C’est clair, Mariloup Wolfe vit un moment charnière. « Ça m’insécurise un peu », avoue-t-elle. À l’approche de la sortie du film, l’angoisse se lit dans son regard. « Certains critiques m’attendent avec une brique et un fanal », laisse-t-elle tomber.

Pourquoi ne la prendrait-on pas au sérieux ? D’abord, il y a ce visage angélique et cette stature frêle (1,55 m – 5 pi 2 po) qui lui donnent l’air d’avoir 18 ans et demi. Le tout assorti d’une allure très fashion qui s’apparente à celle – eh oui, encore elle ! – du personnage de Mariane, plutôt déluré. « Je suis tout le contraire de ça. Mes amis me surnomment “Cendrillon-qui-s’en-va-avant-minuit” tellement je suis sage. En fait, j’aimerais être plus fofolle. » Elle ajoute être heureuse loin des clameurs, en compagnie de son amoureux, le comédien Guillaume Lemay-Thivierge.


Mariloup nous dévoile ses coups de coeur cinématographiques.
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