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Rencontres et portraits

Rafaële Germain

Publié dans Châtelaine de septembre 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
La reine de la chick lit québécoise (deux romans, 160 000 exemplaires vendus !) est devenue la porte-parole des filles dans la trentaine.
 

Vos chroniques dans La Presse ainsi que vos deux romans décortiquent la quête amoureuse des trentenaires dans le Québec d’aujourd’hui. Avez-vous l’impression d’avoir fait le tour du sujet ?
Non, ça me semble impossible d’en faire le tour. C’est un sujet infini, chacune a son histoire. Évidemment, je ne veux pas me répéter… J’ai déjà quelques idées pour un nouveau livre qui serait dans le même esprit que les deux précédents. Cela dit, je ne souhaite pas en pondre 25 sur ce thème, je m’ennuierais.

Vous faites partie des auteures de chick lit, un genre littéraire franchement girly popularisé par Le journal de Bridget Jones et Le diable s’habille en Prada. Pourquoi avoir choisi ce style d’écriture ?
Je ne suis pas une lectrice de chick lit. Mais quand mon éditeur m’a proposé d’en écrire, ça me paraissait logique étant donné le type de chronique que j’avais dans La Presse. Je me suis alors plongée dans Le journal de Bridget Jones. J’ai adoré ! Par contre, j’ai lu d’autres livres issus du même mouvement qui étaient totalement cuculs.

On vous imagine vivre la vie de vos héroïnes, des trentenaires branchées insouciantes traînant dans les bars du centre-ville. Mythe ou réalité ?
Les deux. Culturellement, je peux dire que je suis au courant de tout ce qui se passe. C’est mon travail [Rafaële est scriptrice télé pour 3 600 secondes d’extase àRadio-Canada et chroniqueuse à l’émission Je l’ai vu à la radio à la Première Chaîne]. Mais si « branchée » signifie connaître les bonnes adresses pour sortir, alors là, je ne suis pas dans le coup du tout. Et pour ce qui est de l’insouciance… Oui, peut-être qu’il y a une part d’insouciance chez moi, mais jamais autant que chez mes personnages. La vraie vie, ce n’est vraiment pas aussi glamour que dans les livres ou au ciné.

Quel regard portez-vous sur les relations de couple en 2009 ?
On ne peut pas généraliser, mais je dirais qu’elles sont riches et complexes. Tout est possible maintenant. Si on avait devant soi 20 filles au début de la trentaine, on aurait 20 histoires différentes, un spectre tellement large… Ce n’est plus vrai qu’il faut se marier avec le gars du village à 20 ans. On a une belle liberté. Donc, la vie de couple est plus angoissante, forcément !

Être célibataire, est-ce un choix de vie ou une calamité ?
Dans certains cas, c’est un choix de vie… mais je pense que c’est rare. Moi, j’ai été célibataire pendant quatre ans et, si on m’avait assuré que je pouvais vivre en couple et être heureuse, je n’aurais pas choisi d’être seule. Je ne dis pas que les célibataires épanouies n’existent pas : des filles qui vivent comme dans Sex and the City, il y en a.

À la radio et à la télévision, vous êtes souvent invitée à parler des trentenaires, dont vous êtes devenue en quelque sorte une porte-parole. Comment vont-ils ?
Je dirais plutôt bien compte tenu de la vie échevelée qu’ils mènent. On sent beaucoup de dynamisme et de vitalité chez les trentenaires. Je fais référence, par exemple, à ce qui se fait sur la scène culturelle et médiatique. Aux auteurs Nadine Bismuth et Nicolas Dickner, aux journalistes Nicolas Langelier et Émilie Dubreuil, au chanteur Yann Perreau, pour ne nommer que ceux-là… Ça brasse ! Les trentenaires sont très créatifs et leur travail me rend heureuse !


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