Le passeport type de l'enfant parrainé.
Dans ses publicités, Vision Mondiale ne lésine pas sur les formules-chocs. Pour un peu plus d’un dollar par jour, VOUS pouvez « sauver » Metussela, un Tchadien de 10 ans, peau d’ébène et crâne rasé, Sanata, 5 ans, une Malienne au visage triste, sans oublier Fatoumata, Kadiatou, Roky... Sur le site Web de Vision Mondiale, ils sont des milliers à vous regarder droit dans les yeux, jouant leur avenir, leur vie, dans le cyberespace.
Avant de sauver un enfant, il faut choisir lequel. Une décision difficile, presque cruelle : pourquoi aider Metussela plutôt que Roky ou Kadiatou ? Diverses options s’offrent au parrain potentiel. Fille ou garçon ? Marmot ou préado ? Afrique ou Asie ? On peut aussi être très précis, choisir en fonction d’une date de naissance (la même que la sienne, par exemple), question de créer un lien astrologique. Grâce à la case « peu importe », on peut aussi s’en remettre au hasard ou à Dieu. À l’été 2006, c’est ce que j’ai fait. Sur l’écran de mon ordinateur est apparue Karla F., une Nicaraguayenne de moins de deux ans aux cheveux noirs retenus par un élastique blanc. En deux temps, trois clics, j’ai rempli le formulaire, donné mon numéro de carte de crédit pour que Vision Mondiale (VM) y prélève automatiquement 35 $ chaque mois. Voilà. Karla pouvait désormais compter sur moi pour assurer son avenir.
Photo de Karla F. envoyée six mois après le début du parrainage.
J’étais aussi partagé entre le cynisme et le scepticisme. Où s’arrête la mise en scène, où commence la réalité ? Que se passe-t-il quand il n’y a pas de caméra dans le village ?

32e édition des Prix du magazine canadien
En juin 2009, Jean-Yves Girard a remporté la Médaille d'Or dans la catégorie Journalisme d'enquête pour son article À la recherche de Karla F.
Toute l'équipe de Châtelaine tient à le féliciter.
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