Châtelaine

Recherche de recettes







Société

Brésil : musique contre drogue

Publié dans Châtelaine de mars 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
À Rio de Janeiro, au Brésil, des associations communautaires éloignent des enfants de la drogue grâce à la musique.
 

Dans les favelas de Rio de Janeiro, au Brésil, où règnent les trafiquants de drogue, les enfants grandissent dans la pauvreté, la violence et le danger. Un cycle infernal auquel il est presque impossible d’échapper. Mais la résistance s’organise. Son arme de prédilection : la musique ! Grâce à elle, des associations communautaires réussissent à soustraire les jeunes des bidonvilles aux griffes des gangs en leur donnant un projet, une fierté, une appartenance. Châtelaine vous présente deux d’entre elles.


À quelques pas du quartier riche et branché d’Ipanema, la favela de Cantagale surplombe un Rio de carte postale. Mais elle reste un bidonville où règne un climat de terreur.

C’est dans ce lieu déshérité du sud de la capitale que vit Cassia Oliveira, 51 ans. Le rêve de cette professeure de chant, ex-employée de banque : changer l’impitoyable réalité des enfants, rien de moins. Il y a trois ans, elle lançait son association, Harmonicanto, et louait en plein cœur de la favela une maison qui est vite devenue le refuge des jeunes du quartier. Cassia leur apprend le solfège et la musique classique. En quelques mois, elle a formé une chorale, qui présente aujourd’hui des spectacles à l’extérieur de la favela. Une réussite. « Quand je suis arrivée, raconte-t-elle, la plupart des enfants étaient repliés sur leurs problèmes. Leur progression a été impressionnante, tant sur le plan scolaire qu’émotif. Ils ont repris confiance en eux. »

Louana, 13 ans, et Fabian, 15 ans, en témoignent : « Au début, quand on donnait un concert, on était intimidés ; mais maintenant on prend vraiment plaisir à jouer. » Après l’école, ils viennent presque chaque jour dans la maison de Cassia pour s’amuser, danser et faire de la musique au lieu de traîner dans les ruelles. Fabian se met au piano électrique et entame un air de Bach. Il est tout de même étrange d’entendre le grand compositeur allemand né au XVIIe siècle dans ce bidonville sud-américain.

À l’extérieur, sur la terrasse qui domine la mer, les enfants se sont regroupés. Cassia leur distribue flûtes et tambourins. À son signal, ils se mettent à chanter.

Ici, ils sont à l’abri de la violence et des balles perdues qui tuent chaque année près de 600 jeunes des favelas de Rio. Dans la rue, à côté de la maison de Cassia, une bande d’adolescents, pistolet à la ceinture, fume des joints. Les habitants de la favela ferment les yeux : ils ont peur des trafiquants de drogue qui contrôlent ces quartiers, mais aussi des policiers qui mènent à l’occasion des raids meurtriers. Pour pacifier ces zones, le président Luiz Inácio Lula da Silva vient d’ailleurs de lancer un programme qui mettra en place une police communautaire, plus proche des gens.


<< Page précédente  |   Page suivante >>

 

Bookmark and Share

RESTEZ À L'AFFÛT !
Abonnez-vous gratuitement à nos cyberbulletins, devenez fan de Châtelaine sur Facebook ou suivez-nous sur Twitter !

Cyberbulletins Facebook Twitter

 

© 2009