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Couple et sexualité

Sexe et grossesse

Publié dans Châtelaine de mai 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
La libido d’une femme enceinte va de la torpeur à la douceur en passant par la ferveur.
 

Enceinte, j’explosais de vitalité. Je me sentais belle, désirable, et ma vie sexuelle était un véritable feu d’artifice », dira l’une. Une autre, tout aussi normale, se plaindra : « Durant ma grossesse, j’avais le sentiment d’être une sorte d’hybride, mi-éléphante, mi-tortue. Je me sentais immense et léthargique. Je passais mon temps au lit et c’était pour dormir ! »

L’intérêt sexuel varie d’une femme enceinte à l’autre : c’est un tremplin érotique ou une traversée du désert. Malgré ces différences individuelles, la libido suit habituellement un tempo chronologique torpeur-ferveur-douceur au cours de la grossesse : somnolence sexuelle au premier trimestre, ardeur renouvelée au second, puis accalmie entraînant une baisse marquée des étreintes coïtales ou un cessez-le-coït draconien, en fin de gestation. Rassurez-vous tout de suite : les rapprochements intimes ne posent aucun problème quand une grossesse n’est pas à risques.

Dans le passé, sous prétexte de protéger le fœtus ou par pure ignorance, la plupart des civilisations ont restreint ou interdit l’activité sexuelle pendant la grossesse. Ici, au Québec, les embargos médicaux ou religieux ont prévalu jusqu’aux années 1960 et les livres spécialisés pour futures mamans étaient, à ce chapitre, d’un silence éloquent.

Première saison : la torpeur. Elle a sommeil. La fatigue et la déferlante hormonale, ajoutées à la nausée pour certaines, modèrent les transports érotiques. Un phénoménal réaménagement interne entraîne des chambardements externes bien perceptibles : seins douloureux, zone génitale sensible et lubrification vaginale abondante qui n’ont rien à voir avec le désir (durant la grossesse, la circulation sanguine est amplifiée dans la région pelvienne, augmentant ainsi la lubrification vaginale). Avec un corps soumis à tant de bouleversements, pas étonnant que Madame soit désemparée, que son humeur se montre cyclothymique. Elle est dans sa bulle. Incrédule. Celle qui vit une première grossesse peut craindre que la pénétration provoque un avortement spontané. L’organisme met quelque temps à s’adapter à ce déluge hormonal.

Deuxième saison : la ferveur. Le vent tourne. La future maman pétille d’énergie et se sent irrésistible : « Miroir, ô miroir, comment puis-je être aussi belle ? » À ce stade, il n’est pas rare que la femme éprouve une intensité et une pluralité orgasmiques sans précédent. Sa plénitude corporelle, sa femellité patente et ses incontournables seins gonflent l’orgueil... et la virilité du futur père. Elle ne s’en plaint pas et va de rêves érotiques diurnes en rêves érotiques nocturnes, ces derniers menant parfois à des orgasmes spontanés, déclenchés par la seule imagerie onirique. Véritables manufactures d’hormones, ses ovaires fonctionnent à pleine vapeur et fouettent sa réceptivité érotique : ils fabriquent en un seul jour autant d’œstrogènes que durant trois ans, en temps normal. Résultat : des cheveux lustrés, une peau satinée, une vulve et un vagin engorgés qui ont du « répondant », des seins moins sensibles qu’au premier trimestre et, grâce à la relaxine, un bassin tout détendu.


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