Maad Maude, 29 ans, skieuse freestyle, entrepreneure et reine d’Instagram

La skieuse Maude Raymond, alias Maad Maude, manie aussi bien la créativité que l’audace. Et elle désire maintenant inciter les autres à en faire autant. Portrait d’une fonceuse, qui règne aussi sur Facebook et Instagram.

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Quinze opérations aux genoux, quatre reconstructions des ligaments croisés. Des épaules ­cassées et des fractures au dos, aux chevilles et aux talons. Casse-cou, Maude Raymond ? Étonnamment, non.

« Je ne suis pas une adrenaline ­junkie, affirme la Québécoise de 29 ans. Je n’aime pas le danger pour le danger et je déteste perdre le contrôle. Mais je suis accro aux acrobaties et au mode de vie lié à mon sport. »

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Son mode de vie, c’est d’affronter la poudreuse en montagne jour après jour et de créer des figures uniques pour montrer à la planète entière ce qu’elle a dans les tripes. C’est aussi de pouvoir être créative sans que personne ne lui dicte quoi faire. « Les obstacles ne me font pas peur, lance-t-elle. Je carbure au dépassement. Je sais où je veux aller et je m’arrange pour m’y rendre ! »

Un peu plus haut…

maad.maude.freestyle.lunettes.articleLa compétition, Maude Raymond l’a dans la peau depuis longtemps. Enfant, puis adolescente, elle a fait du plongeon de haut niveau. « J’adorais être dans les airs et faire des sauts périlleux, dit-elle. Et je rêvais d’aller aux Jeux olympiques ! »

Mais à 17 ans, elle en a assez. « Après 10 ans d’entraînement, de compétitions internationales et de structures parfois rigides, j’ai eu besoin d’air, dit-elle. Je voulais m’évader, créer… et ne plus sentir le chlore tout le temps ! »

Sur un coup de tête, elle part rejoindre son frère installé à Whistler, en Colombie-Britannique. Là-bas, elle renoue avec un amour d’enfance : le ski. Et elle découvre le freestyle, qui consiste à exécuter des sauts et des figures sur des structures en neige ou en métal. Une nouvelle passion germe en elle. Surtout, elle retrouve sa liberté. Sans coach voulant faire d’elle une athlète parfaite, elle excelle, se lance dans une carrière internationale et participe à des compétitions d’envergure comme les X Games et le Dew Tour. C’est à cette époque qu’on la rebaptise « Maad » – la façon dont ses copains anglos prononcent son prénom. Elle accumule les honneurs et développe au fil des ans un style unique qui lui vaut, en 2013, le titre de « skieuse de l’année » dans le Freeskier Magazine.

Pour en arriver là, Maad Maude se tient loin du cliché selon lequel les skieurs et les planchistes sont toujours sur le party. Elle est plutôt du genre bourreau de travail. « Je me lève à l’aurore pour enchaîner les descentes, dit-elle. Mon but est d’avoir une longueur d’avance sur les autres. »

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Une leader qui voit loin

maad.maude.freestyle.neige.articleCe désir de toujours se surpasser explique sans doute pourquoi des entreprises comme Armada, O’Neill et Phunkshun Wear l’ont invitée à participer à l’élaboration du design de leurs vêtements. Une collaboration couronnée de succès. La jeune femme a tellement aimé son expérience qu’elle travaille en ce moment à mettre au point sa propre collection : MAAD. Le timing est d’ailleurs parfait pour une réorientation de carrière, puisque ses nombreuses blessures l’ont obligée à abandonner la compétition en 2014.

Maude Raymond se tourne donc peu à peu vers autre chose. C’est ainsi que, depuis quelques années, elle met sa créativité à profit en filmant des images de ses sorties en montagne, de ses voyages et de ses découvertes. Et ça marche ! Plus de 28 000 internautes la suivent sur Instagram et environ 20 000 sur Facebook. Elle s’apprête maintenant à lancer une websérie. « On y parlera de ski et d’aventures, confie-t-elle. Je vais présenter des personnes extraordinaires de partout sur la planète. J’ai envie d’inspirer les gens, que ce soit sur les pistes ou sur les réseaux sociaux. »

Être une source d’inspiration, ce sera aussi son but aux camps qu’elle organise à l’intention des femmes de 14 à 35 ans et qui se tiendront à Whistler et à Breckenridge (Colorado) en mars, et au Japon en 2018. Sous sa direction, les participantes auront droit à une formation en techniques de freestyle et de slopestyle (descente acrobatique), ainsi qu’à une initiation au mode de vie en montagne. « Je veux qu’elles sachent qu’on peut faire du sport et vraiment triper sans prendre les choses à la légère. » Qui a dit que liberté et discipline n’allaient pas de pair ?

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