Le curcuma: superaliment ou simple imposteur ?

On vante depuis des années les propriétés médicinales du curcuma, mais les chercheurs ont peut-être été induits en erreur…

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Combat le cancer ! Réduit l’inflammation ! Nettoie le foie ! Nous avons tous vu les grands titres vantant les nombreux bienfaits du curcuma. Mais selon une récente analyse du Journal of Medicinal Chemistry, ce serait trop beau pour être vrai.

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Photo: iStock

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Dans le but de clarifier l’abondance d’information qui circule au sujet du curcuma et, plus précisément, de la curcumine (la molécule qui lui conférerait ses bienfaits), les auteurs de l’analyse se sont penchés sur les résultats de nombreuses études. Afin de vérifier si une substance chimique possède des vertus thérapeutiques, les chercheurs font des essais cliniques pour découvrir si, dans le sang d’un patient, la substance se lie aux protéines associées à une maladie. Si c’est le cas, cela indique aux chercheurs que la substance devrait être intégrée dans un médicament. Mais — et c’est un grand mais — ce n’est pas parce qu’une substance chimique se lie à une protéine qu’elle aura une quelconque incidence sur la maladie. Car chaque protéine comporte ce qu’on appelle un site de liaison et, comme une clé qu’on insère dans une serrure, une molécule peut s’accrocher à une protéine, mais cela ne signifie pas qu’elle pourra la déverrouiller.

La plupart des essais cliniques se traduiront par un résultat positif si une molécule se lie à une protéine. Il faut toutefois des essais plus poussés pour conclure que la molécule ouvre véritablement la porte à un traitement.

Et c’est là où le bât blesse ; car dans la majorité des études vantant les mérites du curcuma, les essais cliniques conduiront à un résultat positif à cause de la facilité avec laquelle la curcumine se lie aux protéines. Dans un article publié sur le site Nature, James Inglese, chercheur principal au National Center for Advancing Translational Sciences à Bethesda, dans le Maryland, considère la curcumine comme «la tête d’affiche des molécules qui se lient facilement au cours des  essais».

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La majorité des études sur la curcumine se basent sur les résultats de ces essais, qui ne sont en fait que le point de départ des recherches sur les médicaments. L’analyse précise même «qu’aucune forme de curcumine […] ne semble posséder les propriétés requises pour entrer dans la composition d’un médicament».

Depuis 2009, de nombreux articles sur la curcumine ont été retirés ou corrigés ; pourtant, une cinquantaine d’articles continuent d’être publiés chaque semaine sur les bienfaits de la curcumine.

Mais tout n’est pas sombre dans ce tableau. Selon Bill Zuercher, biologiste-chimiste à l’Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill, «il est fort possible que la curcumine ait des effets bénéfiques, mais en faire la preuve s’avère complexe», dit-il à Nature. Des analyses sophistiquées et d’autres essais cliniques seront requis pour obtenir des résultats sans appel.

Même si les bienfaits du curcuma ne sont pas prouvés, l’épice n’en demeure pas moins délicieuse! Voici quelques recettes qui en témoignent:

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Cet article est une adaptation tirée du site Chatelaine.

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