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Magique, le «viagra pour femmes»?

Si tout va bien, dans un an, le «viagra pour femmes» fera son entrée sur les tablettes des pharmacies canadiennes.

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Photo: iStock

Si tout va bien, dans un an, la pilule rose fera son entrée chez nous. Approuvée en août dernier aux États-Unis, la flibansérine (Addyi) a mis près de 10 ans à se frayer un chemin en pharmacie. C’est que le comprimé n’agit pas à proprement parler sur le désir. Les nombreux tests menés par les firmes pharmaceutiques détentrices du brevet (Boehringer Ingelheim, puis Sprout Pharmaceuticals) visaient à mesurer le nombre d’événements sexuels satisfaisants. Mais les résultats se sont révélés décevants – seulement un de plus par mois – et les effets indésirables importants (nausées, étourdissements, insomnie, somnolence). Des groupes de défense des droits des femmes ont dénoncé la médicalisation de la sexualité féminine, arguant qu’elle avait pour but de faire vendre des médicaments.

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À l’inverse, d’autres organisations féministes ont plaidé pour cette pilule et accusé la Food and Drug Administration (FDA), qui l’a rejetée deux fois, de sexisme. Soumise à un lobbying intense de la part du fabricant, la FDA a finalement donné son feu vert. « La flibansérine active la dopamine et aide à se sentir dans le moment présent. Son plus grand atout est de réduire le stress, ce qui a un effet sur le désir », affirme Jim Pfaus, sexologue et neuroscientifique comportemental à l’Université Concordia. La flibansérine vise les mères en préménopause qui ont une carrière, un conjoint qui travaille et des parents vieillissants, selon Sophie Bergeron, de l’Université de Montréal. « On a conçu un traitement pour cette clientèle avant même d’avoir trouvé des causes biomédicales à sa baisse de désir, déplore-t-elle. On a mis la charrue devant les bœufs parce que c’est un marché important… » Pour le sexologue et psychothérapeute François Renaud, la pilule rose rend les femmes fonctionnelles sur le plan sexuel, mais pas satisfaites ni épanouies pour autant. « La sexualité devient mécanique. C’est plus facile de gober une pilule que de suivre une thérapie de couple, parler de sa sexualité et faire un travail sur soi. »

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