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Les bénéfices du soya

Publié dans Châtelaine de septembre 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
On troque de plus en plus souvent le lait contre les boissons de soya. Mais en tire-t-on vraiment des bénéfices ?
 

Au comptoir d’un café achalandé, une femme en tailleur noir commande un « latte soya ». Puis, une maman avec sa poussette fait de même. La scène aurait été inimaginable il y a quelques années. Mises à part quelques végétariennes ou autres granolas, peu d’entre nous consommions des boissons de soya. Aujourd’hui, nous en avons presque toutes dans le placard ou au frigo !

Les supermarchés ont multiplié l’offre : des allées complètes de boissons de soya « originales », sans sucre, aromatisées à la vanille, au chocolat, à la fraise... Au Québec, les ventes ont fait un bond de 170 % entre 2001 et 2005 et, en une seule année, de 2005 à 2006, elles ont augmenté de 24 %. Et la tendance se poursuit.

La boisson de soya peut-elle remplacer le lait ? La réponse est oui... et non. Faible en gras et riche en protéines, elle contient moins de calories que le lait 1 %. Ce qui en fait un choix santé pour les femmes. Les enfants peuvent en boire mais pas avant l’âge de trois ans, car ils risquent d’avoir du mal à le digérer. Et c’est sans compter les risques d’allergie, rares mais réels. Il vaut tout de même mieux alterner soya et lait pour diversifier l’apport en nutriments jusqu’à l’adolescence. Peu importe l’âge, les boissons de soya contenant au moins 6 g de protéines par tasse (250 ml) et enrichies de plusieurs vitamines et minéraux (calcium, fer, magnésium, zinc et vitamine D) sont à privilégier.

La plupart des fabricants ajoutent de la vitamine D aux boissons de soya même s’ils n’y sont pas contraints – à l’opposé, le lait doit être enrichi, selon la loi canadienne. À vérifier sur l’emballage.

Les boissons de soya sont fabriquées à partir de concentrés de protéines de soya ou, mieux, de haricots entiers – qui sont mis à tremper dans l’eau, puis broyés, cuits et filtrés. Il s’agit là du meilleur achat, selon le chercheur Richard Béliveau. « On doit toujours préférer les boissons préparées avec des fèves entières aux produits très transformés », dit l’auteur des Aliments contre le cancer et de La santé par le plaisir de bien manger (Trécarré). Fait non négligeable, les boissons de soya faites de haricots entiers, souvent biologiques, contiennent davantage de phytoestrogènes associés à une diminution du risque de cancer du sein.

D’ailleurs, beaucoup de femmes en boivent en espérant prévenir un tel cancer. Sur ce point, les dernières recherches apportent des nuances : la protection est observée surtout chez celles qui consomment du soya depuis l’enfance. « Les Japonaises qui émigrent aux États-Unis à l’âge adulte conservent donc cet avantage. Cependant, le taux de cancer du sein chez leurs filles est aussi élevé que chez les Américaines de souche », souligne Richard Béliveau, titulaire de la Chaire en prévention et traitement du cancer de l’UQAM.


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