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Psychologie

Le déni de grossesse

Publié dans Châtelaine d’octobre 2008 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Été 2006, le Français Jean-Louis Courjault découvre dans son congélateur des cadavres de nouveau-nés. Une longue enquête et des prélèvements d’ADN plus tard, la vérité éclate : sa femme, Véronique, avait eu trois grossesses à son insu.
 

Derrière ce fait divers exceptionnel se cache un trouble psychique étonnant : le déni de grossesse – ou comment des femmes peuvent être enceintes sans en avoir conscience. Aujourd’hui, alors que le procès va démarrer, le corps médical commence à prendre ce trouble au sérieux.

Le soir du Nouvel An 2007, une étudiante infirmière ressent des symptômes étranges. « Maux de dos extrêmes, céphalée, perte de conscience. Bastien, mon petit ami, aussi étudiant infirmier, pense à des coliques néphrétiques. Je suis transportée aux urgences. Un médecin m’examine : “Mademoiselle, vous êtes à terme !” »

Et c’est ainsi que la jeune femme se retrouve propulsée maman d’un nourrisson en pleine forme. « Étudier l’anatomie, la sémiologie, la bio et ne pas se savoir enceinte... cherchez la logique. Je m’en suis longtemps voulu d’avoir loupé tout ça, de ne pas avoir senti bouger mon bébé, de ne pas avoir préparé avec soin sa chambre et ses petites affaires... » Des témoignages comme celui-ci, il en existe plusieurs dizaines sur le site Internet de l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG). De tous les âges, toutes catégories sociales confondues. Certaines femmes sont déjà mères, d’autres ont connu plusieurs tentatives infructueuses de fécondation in vitro. Autant d’histoires différentes, des symptômes pourtant étrangement similaires : pertes de sang régulières, parfois liées à la prise de la pilule. Aucune nausée. Un fœtus qui ne bouge pas ou si peu que la mère interprète cela comme des gaz. Un ventre plat : étrangement, le bébé joue le jeu et s’allonge le long de la colonne ou se camoufle tout en haut de la cavité utérine derrière les côtes. Si le déni est éliminé en cours de route, il reprendra alors sa position et quelques jours suffiront, parfois quelques heures, pour que les signes de grossesse deviennent évidents et que le ventre prenne sa rondeur normale.

Un nouveau cas de grossesse « invisible » à lire, dans Le Figaro.fr.

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