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Psychologie

Je consulte un philosophe !

Publié dans Châtelaine de novembre 2008 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Dans une société qui ne jure que par la psychologie, une nouvelle voix tend à se faire entendre : celle de la philosophie.
 

Anna se demande si elle doit se faire faire un lifting. Paul s’interroge sur la possibilité d’aimer la même personne toute une vie. Marie-Claude s’inquiète de savoir si elle est une bonne mère. Ils ne sont pas dépressifs, seulement préoccupés par une question qui prend beaucoup de place dans leur vie. Il y a quelques décennies, ils se seraient sûrement adressés à un prêtre, hier à un psy. Aujourd’hui, ils ont choisi de consulter un philosophe, avec qui ils pourront explorer le vrai sens de la vie. Car, on l’oublie, la philosophie, longtemps considérée comme élitiste, rébarbative et inutile, a aussi un aspect très pragmatique.

« Nous recevons souvent les déçus de la psycho, ceux qui cherchent un dialogue plutôt qu’un monologue, explique Sophie Guillet, philosophe praticienne. Notre méthode est simple : nous accompagnons la personne dans un cheminement de pensée afin qu’elle trouve elle-même la bonne réponse à ses questions. »

La technique remonte à l’Antiquité, avec Socrate. Le philosophe aimait se promener dans la cité et aider ses interlocuteurs à « accoucher d’eux-mêmes ». Par ses questions adroites et parfois malicieuses, il les conduisait à revoir leurs certitudes pour mieux atteindre la sagesse.

« Le siècle dernier a été celui de la psychanalyse, nécessaire à notre société occidentale qui vivait dans le refoulement, dit Bruno Magret, enseignant et philosophe praticien. Aujourd’hui, tout le monde s’exprime, mais tend à raisonner de travers. On est isolés, on ne dialogue plus, donc on ne raisonne plus. Ou seulement à court terme et en vue du profit. On a besoin de (re)trouver le bon sens et la logique. »

Depuis quelques années, la philosophie est ainsi peu à peu revenue sur le devant de la scène. Les cafés philo, la philosophie pour les enfants, les ateliers de discussion, les consultations et même les voyages philosophiques sont autant d’approches qui ont permis au grand public de goûter au plaisir de philosopher... À Montréal, des réunions intitulées « Philo sans fumée » ont ainsi réuni, depuis 2000, informaticiens, médecins, enseignants, étudiants, camionneurs, artistes, chômeurs, fleuristes, réceptionnistes, comptables... partageant la même envie de philosopher. « Le niveau des réflexions philosophiques s’adapte de façon magique à la clientèle puisqu’elles s’adressent à chacun dans sa qualité d’être humain sans égard à sa classe sociale », explique le conseiller philosophique montréalais François Brooks, à l’origine de ces rendez-vous.


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