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Santé et forme

Le stress sans détresse

Publié dans Châtelaine de janvier 2008 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Dur à supporter, le stress ? Peut-être, mais « le mal du siècle » peut aussi permettre de mieux vivre si on sait l’utiliser à son avantage.
 

Le stress, réaction de survie inscrite dans les gènes pour permettre d’échapper au danger, peut également stimuler et aider à solutionner les problèmes. Deux spécialistes expliquent pourquoi : le docteur Serge Marquis, médecin en santé mentale au travail qui reçoit des patients en consultation depuis 20 ans, et la chercheuse Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Hôpital Douglas, à Verdun.


Châtelaine : Le stress peut-il vraiment devenir un élément positif dans notre vie ?
Sonia Lupien : Il faut cesser de croire que le stress est toujours mauvais ! Les hormones, comme l’adrénaline et le cortisol, que l’organisme sécrète en situation de stress sont utiles car elles réveillent, rendent alerte. Grâce à elles, on peut réagir rapidement dans une situation d’urgence ou mieux faire face à une circonstance exceptionnelle, comme de parler en public. D’ailleurs, les recherches démontrent que, sans stress, on ne réalise pas de grandes prouesses. Par contre, trop de stress nuit au rendement parce qu’il écrase au lieu de stimuler.

Serge Marquis : En fait, le stress provoque un inconfort qui pousse à l’action. Si on est stressé parce qu’on a un congrès à organiser, le fait d’agir, de commencer à joindre les conférenciers invités, par exemple, va diminuer le stress. Si on a des problèmes dans sa vie de couple, le stress pourra inciter à tirer les choses au clair...


Comment savoir si on est trop stressée ?
S. Lupien : Certains signes ne trompent pas : avoir des sautes d’humeur, consommer plus d’alcool et de tabac, souffrir de problèmes de digestion, avoir le dos raide... Si on devient irritable ou qu’on se gave de sucre ou de gras, c’est signe que la coupe déborde.

S. Marquis : On doit trouver un équilibre : relever des défis – qui exposent au stress –, mais en respectant ses limites. Tout le monde n’est pas fait pour courir le marathon ou diriger une entreprise. C’est pareil pour la résistance au stress : elle n’est pas la même pour tous. Par contre, si on ne prend jamais de risques, on ne connaîtra jamais ses limites ni ses forces.


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