Châtelaine

Recherche de recettes







Santé et forme

Jouer, c’est sérieux

Publié dans Châtelaine de décembre 2008 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Des patrons, des psys, des profs font jouer leurs employés, leurs clients ou leurs élèves pour mieux les motiver.
 

Des cadres supérieurs et des dirigeants d’une trentaine de pays font maintenant appel à un nouvel outil pour améliorer le fonctionnement de leur entreprise : les blocs Lego. Dans des séminaires, on distribue aux participants des sachets de Lego avec lesquels ils doivent d’abord construire des choses simples : la plus haute tour possible, par exemple. Puis ils sont peu à peu amenés à assembler les blocs de façon à représenter leur entreprise et ses rouages.

Le pari du concept Serious Play de Lego est le suivant : une fois que les mains jouent, l’esprit est libéré et de nombreuses vérités fusent. On se parle, on diagnostique les soucis, les verrous sautent et on finit par créer une vision idyllique de l’entreprise, version Lego. Cette nouvelle maquette devient alors le symbole des changements à entreprendre, des buts à atteindre après le séminaire.

Josée Blondin-Joly, psychologue du travail à Montréal, a choisi elle aussi d’utiliser le jeu pour insuffler une nouvelle énergie aux séminaires d’entreprise qu’elle organise. « L’être humain a le goût de s’amuser. Quoi de mieux pour amener un apprentissage ? Mais je préfère toujours utiliser le mot expérimentation plutôt que jeu, car les séminaires s’adressent à des dirigeants et il n’est pas question de leur faire peur. »

Pour qu’un jeu soit réussi et utile, dit-elle, trois paramètres se révèlent essentiels : « Il doit avoir du punch, avoir un lien direct avec le sujet et être applicable dans la vraie vie. »

Ainsi, pour faire comprendre à une équipe la nécessité d’être plus créative, on commence par rapporter des études édifiantes. « Un enfant de 5 ans a un taux de créativité de 75 % ; à 7 ans, ce taux tombe à 25 % ; passé 18 ans, il est de 5 % », illustre la psychologue. Puis les participants sont invités à relier neuf points par quatre lignes continues sans lever le crayon. « C’est absolument impossible si on ne dépasse pas le cadre des neuf points. Le message devient évident : Pour être créatif, dépassez le cadre ! » Lorsqu’ils retournent au travail, les participants savent s’en souvenir au moment opportun.

Josée Blondin-Joly adapte ses jeux aux participants mais, à l’instar des séances de Lego, elle remarque que dans tous les cas les masques finissent par tomber. En jouant, les collègues se parlent sans faux-semblant. De quoi souder l’entreprise et la faire évoluer. Ainsi que le rapport de chacun à l’autre.

Si les bénéfices du jeu sont fascinants chez les adultes, ils ne le sont pas moins chez les enfants. Les jeux leur permettent de mieux appréhender les règles de vie en société, les notions de loi, mais aussi de développer leur mémoire et leur logique, tout en canalisant leurs émotions. Les psychologues y font d’ailleurs appel depuis un moment.


<< Page précédente  |   Page suivante >>

 

Bookmark and Share

RESTEZ À L'AFFÛT !
Abonnez-vous gratuitement à nos cyberbulletins, devenez fan de Châtelaine sur Facebook ou suivez-nous sur Twitter !

Cyberbulletins Facebook Twitter

 

© 2009