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Trouver une sage-femme

Publié dans Châtelaine.com en avril 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
Certaines femmes souhaitent accoucher autrement qu’avec un médecin : elles choisissent de donner naissance avec une sage-femme. Mais comment peut-on bénéficier des services d’une spécialiste de l’accouchement ? Et comment être certaine que cette option nous convient vraiment ?
 

D’abord, il faut savoir que les sages-femmes sont peu nombreuses et qu’elles ne peuvent répondre à la demande de toutes celles qui aimeraient faire appel à leurs services. Bien des maisons de naissance refusent une femme sur deux et parfois même une sur trois. « Nous essayons d’être le plus équitables possible, explique la sage-femme Marleen Dehertog. Nous répartissons nos disponibilités également tout au long de l’année pour donner une chance identique à toutes les femmes, quelle que soit leur date d’accouchement. Ensuite, nous appliquons le principe du premier arrivé, premier servi. »


Comment trouver une sage-femme
La meilleure façon de dénicher une sage-femme, c’est de s’adresser à la maison de naissance de sa région. S’il n’y en a pas près de chez nous, on contacte le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) ou le Centre local de services communautaires (CLSC) de notre région, qui y coordonnent les services de santé. C’est que, dans certaines villes où aucune maison de naissance n’a pignon sur rue, des sages-femmes sont tout de même disponibles pour faire des accouchements à l’hôpital ou à domicile : c’était le cas à Blainville, avant l’ouverture de la maison de naissance du Boisé, et c’est encore le cas sur le territoire du CSSS Jeanne-Mance, sur le Plateau Mont-Royal.

Pour celles qui habitent loin des grands centres, certaines maisons de naissance ont mis sur pied des points de service : dans des locaux souvent logés au CLSC, des sages-femmes de la maison de naissance la plus proche viennent rencontrer des femmes enceintes pour leur éviter de parcourir des dizaines de kilomètres. La Maison de naissance Colette-Julien, à Mont-Joli, a implanté de tels services à Matane. La Maison de naissance de la Rivière, à Nicolet, en dispense également à Trois-Rivières. Des pourparlers sont aussi en cours pour en ouvrir à Victoriaville et à Drummondville. « Si aucune maison de naissance ne dessert votre territoire, contactez votre CSSS et faites part de vos attentes, ajoute la sage-femme Marleen Dehertog. Le ministère de la Santé et des Services sociaux va les implanter là où elles vont répondre à un besoin. »

Lentement, mais sûrement, le nombre de sages-femmes augmente. En ce moment, 12 à 16 d’entre elles sortent de l’école chaque année. Des sages-femmes en provenance de l’étranger arrivent aussi en renfort : elles sont 18 à suivre actuellement un programme de formation d’appoint pour pouvoir pratiquer au Québec.


Accoucher avec une sage-femme, est-ce pour moi ?
Pour savoir si accoucher avec une sage-femme nous convient vraiment, il ne faut pas hésiter à aller les rencontrer en maison de naissance ou à parler à des parents qui en ont fait l’expérience. Mieux on sera informée, plus notre décision sera éclairée.

Car nos rêves ne correspondent pas toujours à la réalité. « Accoucher avec une sage-femme demande un plus grand investissement personnel, explique Marleen Dehertog. On doit décider de l’endroit où l’on va accoucher, que ce soit chez soi, à l’hôpital ou en maison de naissance – et s’organiser en conséquence. On doit aussi prendre son corps en charge pour affronter la douleur. Avec une sage-femme, c’est la femme enceinte qui est aux commandes. Alors qu’avec un médecin, c’est le personnel médical qui prend les décisions. » Les deux options sont aussi valables l’une que l’autre : c’est une question de choix personnel.

Il arrive qu’après deux ou trois rencontres, des parents constatent que, finalement, un accouchement avec une sage-femme ne correspond pas à leurs attentes. « Parfois, je dois faire preuve d’honnêteté et leur dire que ce n’est pas pour eux », ajoute Marleen Dehertog.

Parfois, les femmes souhaiteraient avoir les deux : le médecin et la sage-femme ! « C’est légitime, mais c’est malheureusement impossible, car cela amène un dédoublement des services dans un système de santé déjà surchargé », ajoute-t-elle.

Par contre, des femmes qui sont suivies par un médecin, mais qui aimeraient être guidées dans cette expérience ou parler de leurs appréhensions peuvent profiter de la présence d’une accompagnante. Ce ne sont pas des sages-femmes, mais plutôt des mères de famille qui peuvent agir à titre de coach pendant la grossesse, l’accouchement, l’allaitement et les relevailles. On peut les contacter par le biais du site du Regroupement Naissance-Renaissance, au www.naissance-renaissance.qc.ca, ou de celui d’Alternative Naissance, au www.alternative-naissance.ca.


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