Lorsqu’on m’a proposé de tester les injections comblantes, chaque fille de l’équipe de rédaction y est allée de ses commentaires. Se faire introduire des substances dans le corps pour avoir l’air plus jeune, n’est-ce pas un peu risqué ? Et puis, est-ce que ça marche ?
Mais moi, je savais exactement quelles rides j’allais confier à la science. J’ai des sillons nasogéniens assez apparents – je parle ici des deux parenthèses qui encadrent le sourire. C’est un trait familial hérité, paraît-il, d’un ancêtre amérindien, dont personne dans la famille ne se souvient d’ailleurs. Avec les années, ces plis se creusent. Je crains de ressembler un jour au vieil Indien qui annonce la pommade Làkota à la télé.
Alors, les filles, c’est d’accord : s’il faut se dévouer pour la cause, je servirai de cobaye. C’est le dermatologue Guy Sylvestre, de la Clinique de dermatologie esthétique de Montréal, qui a accepté de me recevoir pour les besoins de cet article.
Me voici donc installée dans un confortable fauteuil, livrée aux bons soins du docteur. De chaque côté de ma bouche, on applique une crème anesthésiante qu’on laissera agir pendant 45 minutes.
Les premières injections comblantes sont apparues en 1981. Il ne faut pas les confondre avec les injections de Botox, une toxine qu’on fait pénétrer dans la peau pour paralyser temporairement des muscles. Les substances comblantes – les fillers, comme disent les Français – servent à remplir les rides. Injectées dans le derme, elles gonflent la peau et comblent les creux et les plis du visage. Lentement mais sûrement, les fillers grignotent le marché des interventions rajeunissantes. Ainsi, entre 2007 et 2008, le nombre d’injections comblantes a augmenté de 6 % aux États-Unis, alors que le nombre de liftings du visage a diminué de 5 %.
Au fil des ans, les injections comblantes ont fait appel à diverses matières. La première d’entre elles fut le collagène bovin. Mais l’apparition de la maladie de la vache folle, dans les années 1990, a refroidi l’enthousiasme des femmes. De plus, cette substance peut déclencher des allergies.
Puis on a mis sur le marché du collagène humain, cultivé en laboratoire à partir de cellules de prépuce de nouveau-né. Une matière qui, cette fois, ne cause ni allergie, ni rougeur, ni gonflement. Néanmoins... je ne sais pas pour vous, mais moi, l’idée d’avoir les rides remplies au prépuce de bébé ne m’enchante guère.
Les premiers gels d’acide hyaluronique sont apparus en 1996. Il s’agit de polysaccharides gélatineux : du sucre qui se trouve naturellement dans le corps et qui constitue le « Jell-O » de la peau et du cartilage. Ces gels, synthétisés en laboratoire, ne provoquent pas d’allergie. Une fois injectés, ils absorbent 1 000 fois leur poids en eau et se mélangent à notre collagène pour augmenter le volume des tissus.
Ces substances sont commercialisées sous les noms de Restylane, Teosyal, Esthelis... entre autres. Mais la marque préférée du docteur Sylvestre, c’est Juvéderm, et c’est celle dont il se servira pour corriger mes deux fameux sillons.
Les 45 minutes sont écoulées, et je suis suffisamment « gelée » pour subir l’intervention. Le docteur Sylvestre pratique six petites injections dans chacune de mes rides. « Est-ce que ça fait mal ? » s’enquiert-il. La réponse est : un tout petit peu. Pour diminuer l’inconfort, l’acide hyaluronique qu’il utilise contient aussi de la lidocaïne, un anesthésiant.
Non seulement le docteur Sylvestre ne cesse de me rassurer, mais Lise, sa fidèle adjointe, m’encourage comme si j’étais en train d’accoucher. En 10 minutes, tout est terminé. Je jette un coup d’œil au miroir : ça ressemble à moi... il y a pas mal longtemps. Les volumes de mon visage semblent remontés. « Dans deux ou trois jours, lorsque l’enflure aura disparu, ce sera toi, en version adoucie », m’assure le médecin. Je suis aux oiseaux.
| RESTEZ À L'AFFÛT ! |
| Abonnez-vous gratuitement à nos cyberbulletins, devenez fan de Châtelaine sur Facebook ou suivez-nous sur Twitter ! |