Tout part de l’intestin

Nos intestins ne sont pas que de vulgaires boyaux qui servent à évacuer ce qui a été porté à la bouche, mastiqué, puis ingurgité. Ils nous aident à rester en santé.

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Au petit matin, on engloutit jus d’orange et toasts sans trop réfléchir. Parce qu’il faut bien se mettre quelque chose dans le ventre. Dès que le tout est avalé, une chorégraphie époustouflante s’exécute dans l’estomac, l’intestin grêle et le côlon. Et, dans ce dernier, de petites danseuses inspirées – des bonnes bactéries – donnent tout un show. (Alors qu’on est déjà en train de bosser au bureau ou à l’usine.)

Photo: iStock

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Non, nos intestins ne sont pas que de vulgaires boyaux qui servent à évacuer ce qui a été porté à la bouche, mastiqué, puis ingurgité. Ils nous aident à rester en santé. Depuis peu, on parle du rôle primordial que jouent les 100 billions de bactéries qui s’activent dans notre bas-ventre – elles forment ce nouvel organe qu’on nomme microbiote. « Un gramme d’excréments contient plus de bactéries qu’il n’y a d’êtres humains sur Terre. Nous savons que la communauté microbienne décompose pour nous les aliments non digestibles, qu’elle alimente notre intestin en énergie, fabrique des vitamines, désagrège des toxines et des médicaments et entraîne notre système immunitaire », explique l’Allemande Giulia Enders dans Le charme discret de l’­intestin, un succès de librairie traduit en 18 langues.

Dans cet essai captivant – oui ! oui ! un bouquin de 350 pages traitant de digestion peut être captivant –, l’étudiante au doctorat en gastroentérologie vulgarise avec brio les dernières découvertes en la matière. « Dans les situations de surpoids ou de sous-alimentation, en cas de maladies nerveuses, de dépression ou de troubles intestinaux chroniques, on constate une modification des conditions de vie bactérienne dans l’intestin. En d’autres termes : quand ça se passe mal chez nos microbes, ça se passe peut-être mal chez nous aussi », précise-t-elle.

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Ce qu’on mange matin, midi et soir influe sur la croissance et l’activité de nos amies les bactéries. Et de quoi raffolent ces dernières ? De prébiotiques, des fibres alimentaires contenues dans certains végétaux. Évidemment, c’est ce qu’on s’empressera de mettre dans son panier d’épicerie : ail, artichaut, asperge, endive, banane, topinambour, oignon, poireau, blé complet, seigle, avoine, chicorée… Les bonnes bactéries apprécient aussi l’amidon résistant qui se forme quand on refroidit les pommes de terre ou le riz après cuisson.

Et que pense Giulia Enders des probiotiques dont on enrichit les yogourts ou qu’on vend sous forme de capsules ? « L’action des probiotiques, quels qu’ils soient, est encore limitée : les bactéries que nous ingérons sont sélectionnées dans un laboratoire et, dès que nous ne les prenons plus au quotidien, elles disparaissent généralement de notre intestin », écrit-elle.

Des probiotiques ont pourtant prouvé leur efficacité pour lutter contre la diarrhée, stimuler le système immunitaire et atténuer les troubles digestifs. Et d’autres études sont en cours. Cela peut donc valoir le coup de les essayer, selon la chercheuse. « C’est simple : on regarde sur l’emballage ce qu’on est en train de tester, on suit le traitement pendant quatre semaines et si, au bout de cette période, rien n’a changé, on peut passer à autre chose et donner leur chance à une ou deux autres bactéries. »

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Le charme discret de l’intestin, par Giulia Enders, Actes Sud, 32,95 $

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