Comment dire #byebyeculpabilité

Les femmes sont des habituées de la culpabilité, et que dire des mères et des parents alors? Marianne Prairie se demande comment dire #byebyeculpabilité.

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Je me suis longtemps demandé si j’étais normale de ne pas me sentir coupable comme mère. Partout autour de moi, dans mon entourage comme sur internet, toutes les mamans semblaient avoir contracté ce même mal au même moment : lorsqu’elles apprenaient qu’elles portaient la vie. Comme si la culpabilité était le mode « par défaut » de la maternité. Comme si une mère ne pouvait que mal faire.

Car la culpabilité, c’est bien ce que l’on ressent quand on fait quelque chose de mal. Est-ce vraiment le cas? Fait-on quelque chose de mal en déposant ses enfants à la garderie pour aller travailler? Fait-on quelque chose de mal en préférant dormir plutôt que sortir tard ou faire l’amour? Fait-on quelque chose de mal en autorisant ses enfants à écouter la télé, manger des sucreries ou grimper aux arbres? Pourquoi cette impression tenace d’être inadéquate et incompétente est-elle si répandue?

D’après moi, ça en dit long sur la pression que les femmes ressentent au quotidien. Sur la façon dont elles se jugent entre elles et sur le regard qu’elles posent sur leur propre personne. Nous vivons dans une société de performance où « suffisant » est synonyme de « décevant ». Où « différent » est interprété comme « douteux ». Où l’impossible quête de la perfection a été remplacée par la tout aussi impossible quête de l’équilibre.

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De plus, je pense qu’il existe un contexte particulier aux mères permettant à la culpabilité de se faufiler dans leurs moments de doute et de vulnérabilité. Car Dieu sait qu’ils sont nombreux quand on devient parent. Les mères sont constamment infantilisées, mais du même souffle, on martèle qu’elles sont irremplaçables et qu’elles jouent un rôle plus que déterminant dans la vie de leur enfant.

Ça commence dès l’annonce de la grossesse et ça ne connaît jamais vraiment de fin. D’abord, on bombarde les futures mamans de conseils, de recommandations, de restrictions, de tests et de choix à faire pour le « bien de l’enfant » (Parce que leur bien à elles, bof… Qu’elles s’oublient! C’est ce que les « bonnes » mères font, non?). On les surveille et on les chicane si elles prennent des risques. D’un côté, on ne fait pas confiance à leur jugement, qu’on dit brouillé par leurs hormones, on ridiculise leurs émotions et on les somme d’arrêter de vouloir tout contrôler. Mais en même temps, on les tient responsables de tout. Ton enfant a des allergies? C’est peut-être ton alimentation pendant la grossesse ou parce que tu ne fais pas assez souvent le ménage. Ta fille a des difficultés en français? Tu n’as pas assez lu de livres avec elle pendant la petite enfance. Ton fils fait souvent des crises? Qu’est-ce que tu attends pour appeler une coach familiale?

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Pas étonnant que les mères aient l’impression de toujours faire quelque chose de mal et qu’elles ressentent tant de culpabilité. Et j’ajoute : ÇA N’A PAS DE BON SENS.

Mes quatre trucs

J’ai donc réfléchi à ma situation, aux conditions qui m’avaient permis de résister à cette pression et d’éviter la culpabilité la plupart du temps. Voici mes quatre trucs :

1. Comprendre le monde dans lequel je vis

Comme je viens de le décrire, TOUT conspire à nous faire sentir coupable. En observant comment la société traite les mères, je peux prendre du recul et constater que c’est un problème de grande envergure, pas seulement un enjeu individuel.

2. Être bien entourée

J’ai des amies en or, une famille exceptionnelle et un amoureux fabuleux. Ces personnes ne me mettent pas de pression, ils m’acceptent comme je suis. Je peux être complètement moi-même en leur compagnie, affichant autant mes parts d’ombre que de lumière. Et si le temps nous manque pour passer plus de temps ensemble, on sait qu’on est tous dans le même bateau et que ce serait vraiment plate de s’écoeurer avec ça. On le prend quand ça passe et on essaie d’avoir un maximum de fun pour tenir jusqu’à la prochaine fois!

3. Bien se connaître (et s’apprécier)

Toutes mes années de grande timidité m’auront permis de faire énormément d’introspection et d’être assez à l’aise avec moi-même. Ma sensibilité (ma petite voix!) me guide beaucoup. Je reconnais de plus en plus les signes qui m’indiquent que j’en fais trop, que je joue une game ou que je dois revoir mes priorités. Par exemple, parmi les indices qui ne mentent pas: je crie après mes enfants, je fais de l’eczéma et je pleure tout le temps.

4. Ne pas trop se prendre au sérieux

Je sais que je suis importante, unique, mais pas irremplaçable. Et le rire, il n’y a rien de tel pour évacuer la pression et désamorcer les jugements d’autrui. Dans ce joyeux chaos, on fait toutes des erreurs et on fait toutes notre gros possible. Peu importe la situation, il y a toujours quelque chose d’absurde, de surprenant ou de profondément humain sur lequel rebondir.

De quelles façons résistez-vous à la culpabilité?

 

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Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)

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