Dix gars qui n’ont pas peur du féminisme

Bien sûr que ça existe, des gars qui n’ont pas peur du féminisme. Certains vont jusqu’à se dire féministes eux-mêmes. Ou alors, ils se présentent comme des «alliés» du mouvement. Et c’est tant mieux. Pour autant qu’ils laissent les filles tenir le haut du pavé…

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Le prince Harry, Matt Damon, Justin Timberlake, Barack Obama, Justin Trudeau, Ryan Gosling… Ces dernières années, plusieurs figures masculines influentes ont fait leur coming out féministe, certaines en appui à la campagne onusienne HeForShe, lancée en 2014 par l’actrice Emma Watson.

Au Québec aussi, des personnalités de divers horizons soutiennent publiquement la cause des femmes. Le rappeur Koriass, par exemple. Celui qui se qualifie de « natural born féministe » a participé l’an dernier à une tournée dans les cégeps pour sensibiliser les jeunes à la notion de consentement sexuel. D’autres se sont élevés récemment contre les violences faites aux femmes à l’occasion de l’événement Déjeuner des hommes, animé par le cinéaste Will Prosper.

« Ils veulent donner l’exemple, devenir des modèles pour d’autres, observe la sociologue Mélissa Blais. Et tout le monde est bien content de ça. Mais, en même temps, ça peut occasionner des difficultés. »

Environ 15 % des étudiants inscrits dans les programmes d’études féministes sont des hommes, une proportion d’ailleurs à la hausse (le phénomène s’observe aussi à l’UQÀM). « Ils cherchent à connaître l’histoire et le vocabulaire féministes. Je pense qu’ils perçoivent ça comme une valeur ajoutée », remarque Chantal Maillé, qui enseigne à l’Institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia depuis 27 ans.

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Sauf que certains ont tendance à occuper trop de place, note Manon Fabre, l’une de ses étudiantes. « Moi, en tant que Blanche, je ne me permettrais jamais de parler à la place d’une femme de couleur lorsqu’il est question de racisme, illustre-t-elle. Ça devrait être la même chose pour les hommes quand on aborde les enjeux féministes. »

Certes, ils peuvent être solidaires de la cause, mais pas porte-parole du mouvement. « Ils n’ont pas à argumenter quand on s’exprime par rapport à des problèmes qui nous touchent comme femmes, insiste-t-elle. Certains de nos confrères de classe disent qu’on a tort d’interpréter ceci ou cela de telle manière, qu’on “le prend mal”… Alors qu’ils devraient plutôt nous écouter. C’est ma vie, c’est ce que je ressens, et c’est ce que je t’explique, point à la ligne. C’est peut-être frustrant pour eux d’avoir à se taire, mais il y a des apprentissages à tirer de ça. »

Mélissa Blais constate le même phénomène sur les réseaux sociaux, où des gars dénoncent le machisme dont les femmes sont victimes… en criant plus fort qu’elles. « Et quand on leur fait remarquer que cette attitude reproduit aussi des inégalités de genre, ça vire parfois en combat de coqs. Bref, le défi est de dépasser la compréhension intellectuelle qu’ils ont du sexisme pour remettre en question leurs propres actions. Il faut joindre les bottines aux babines, quoi ! »

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