Êtes-vous des «parents hélicoptères»?

Contrôlants, impliqués dans les moindres détails de la vie de leur enfant, les parents hélicoptères causeraient plus de mal que de bien, avance une nouvelle étude.

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 J’ai brièvement abordé le sujet des «parents hélicoptères» dans une chronique sur l’autonomie des enfants. C’est désormais l’expression consacrée pour décrire les parents contrôlants et surprotecteurs qui tournoient constamment autour de leurs enfants pour leur éviter des ennuis et leur montrer le droit chemin.

Ce qui était d’abord considéré comme un style de parenting parmi tant d’autres est maintenant sévèrement critiqué. Des études récentes sur le sujet démontrent que l’omniprésence parentale cause plusieurs dommages collatéraux à long terme. Ceux-ci se manifesteraient particulièrement à l’aube de l’âge adulte, notamment lorsque l’enfant amorce son éducation postsecondaire.

Des chercheurs de la Brigham Young University ont sondé des étudiants de différentes universités américaines et ont observé que les jeunes ayant des parents hélicoptères auraient une piètre estime de soi et adopteraient plus souvent des comportements à risque comme la consommation excessive d’alcool.

Ces effets négatifs étaient décuplés lorsque les parents hélicoptères étaient distants, soit peu disponibles pour discuter ou faire des activités en famille. Quant à eux, les jeunes qui recevaient beaucoup d’affection et de soutien de la part du même type de parents, aussi contrôlants soient-ils, voyaient ces mêmes effets diminuer, sans toutefois être éliminés complètement. Tout l’amour du monde ne peut compenser les torts engendrés par la «haute surveillance».

C’est frappant. Même avec d’excellentes intentions, on n’aide pas ses enfants en les empêchant de vivre leurs propres expériences, de prendre leurs propres décisions ou de résoudre leurs problèmes et leurs conflits eux-mêmes. Au contraire.

«À la suite de nos travaux précédents, nous pensions qu’il y aurait quelques effets positifs à être des parents hélicoptères, sous certaines conditions», explique Larry Nelson, professeur et auteur principal de l’étude parue dans Emerging Adulthood. «Mais nous n’en avons trouvé aucun.»

Photo: Istock

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En effet, les chercheurs de la Brigham Young University avaient démontré en 2012 que les enfants élevés par des parents hélicoptères étaient moins impliqués à l’école. D’autres études brossent un portrait inquiétant. Certaines ont souligné leur mauvais état psychologique de ces enfants et leur propension à prendre des médicaments contre l’anxiété et la dépression. Selon d’autres sources, ils seraient moins bien outillés pour réussir plus tard dans leur carrière, leurs finances et leur couple parce que leurs parents limiteraient l’acquisition de compétences nécessaires à leur développement en faisant tout à leur place.

D’ailleurs, l’équipe de la Brigham Young University fait cette mise en garde importante: les enfants et les adolescents ont toujours besoin que leurs parents soient présents dans leur vie. Se retirer complètement aurait des conséquences tout aussi néfastes. Le problème, c’est que les parents hélicoptères sont excessifs. «Il ne faut pas confondre contrôle et implication! Les parents doivent continuer à donner de l’amour et du soutien à leurs enfants», précise Larry Nelson.

Bref, encore une question d’équilibre et de gros bon sens. Si les parents hélicoptères purs et durs sont peu communs selon ces chercheurs, il me semble que la tendance à la surprotection et à la surimplication familiale est bien répandue. Vous connaissez comme moi des mères et des pères qui répondent à ces critères. J’en suis dans une certaine mesure. Le fait que la science se penche sur leur cas me laisse croire qu’on se trouve devant un phénomène social important.

Nous vivons à une époque marquée par la peur, la performance et l’apparence de succès. La famille en subit les contrecoups. L’après-guerre nous a donné les figures de la mère ménagère et du père pourvoyeur. De la même façon, le parent hélicoptère est en voie de devenir le mythe, le cliché parental des années 2000.

On serait dus pour passer à autre chose, non?

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Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)

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