“J’ai eu mon fils par fécondation in vitro”

À 36 ans, Catherine Perron est maman d’un garçon de 21 mois né par FIV. Elle raconte les hauts et les bas que doivent souvent traverser les couples infertiles.

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Photo: Maude Chauvin

Catherine Perron
36  ans, coordonnatrice numérique
Mariée, maman de Simon, 21  mois, né par fécondation in vitro

Pour moi, être mère c’est… que du bonheur, un amour inconditionnel.

La petite histoire
Depuis qu’on est ensemble, Antoine et moi, on rêve de fonder une famille. On s’est mis sur le projet bébé à l’automne 2009, après notre mariage. Chaque fois que j’avais mes règles, c’était la fin du monde ! Au bout d’un an et demi, on a consulté. Diagnostic : couple infertile – on ne pourra jamais concevoir d’enfant naturellement.

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Les défis
La seule façon d’y arriver, c’est par insémination artificielle (un échantillon de sperme est injecté dans l’utérus). Après trois tentatives infructueuses, on est passés à la fécondation in vitro (les ovules sont fécondés par les spermatozoïdes en éprouvette, puis l’embryon est transféré dans l’utérus). La première fois, je suis tombée enceinte, mais j’ai fait une fausse couche à huit semaines. J’avais le choix : pleurer ma vie ou prendre une pause. Je me suis trouvé toutes sortes d’activités – cours de pâtisserie, organisation d’une fête, vacances à la plage… Et je suis repartie plus forte. À la deuxième tentative, une anomalie a été décelée dans l’embryon. Mais le mois suivant, bingo ! Simon est né le 12 juillet 2013.

Les joies
Il m’a fallu trois ans pour devenir mère. La fécondation in vitro, c’est dur pour le corps, la tête et le couple. Tellement que, enceinte, je m’étais juré de ne jamais revivre ça. Mais aujourd’hui, je le referais n’importe quand. Pour donner un frère ou une sœur à Simon. Il est mon rayon de soleil, ma joie de vivre.

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L’enjeu
Nos examens sont à jour et nous allons tenter notre chance de nouveau avant l’adoption du projet de loi 20, qui vise entre autres à restreindre l’accès au programme québécois de procréation assistée. En gros, le couple aura droit à un crédit d’impôt au prorata de ses revenus pour un premier enfant. Mais pas pour les suivants – actuellement, c’est la gratuité complète. Je suis pour le fait d’assumer une partie de la note. Mais de là à nous dire que, parce qu’on a connu le bonheur une fois, on doit se compter chanceux ? Drôle de façon de concevoir la famille ! On ne choisit pas d’être infertile.

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