Les parents ont-ils de l’aide de leur entourage?

Marianne Prairie a épluché une étude sur les parents québécois et découvert que peu d’entre eux reçoivent de l’aide de leur entourage. Un phénomène inquiétant, selon elle.

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La fan d’études sur la famille que je suis a été gâtée pourrie cette semaine. L’Institut de la statistique du Québec, l’organisme Avenir d’enfants et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) dévoilaient les résultats d’une gigantesque enquête sur les parents québécois. Près de 15 000 parents d’enfants de 0 à 5 ans ont été interrogés sur leurs pratiques parentales, leur sentiment de satisfaction, leur niveau de stress, leurs besoins d’information, leur réseau de soutien et leur utilisation des services offerts aux familles. Tant de statistiques juteuses sur mes pairs, j’en salivais sur mon clavier.

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Je ne vous ferai pas un résumé détaillé du document qui compte plus de 250 pages, mais sachez que la majorité des parents interviewés sont dans la trentaine (62%), sont nés au Québec (71,5 %), parlent français à la maison (72,9 %) et forment une famille dite intacte (81,3 %) soit « composée d’un couple ayant un ou des enfants, biologiques ou adoptés, issus de l’union actuelle. » Autrement dit, la famille dans sa forme la plus traditionnelle semble être toujours le modèle le plus répandu au Québec.

Photo: iStock

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Aussi, l’enquête nous révèle qu’« environ 95% des parents considèrent avoir toutes les habiletés nécessaires pour être un bon parent » et que dans plus de deux tiers des cas, ils trouvent de l’intérêt (74 %) et de la valorisation (66 %) dans cette expérience. Ça fait plaisir à lire. Cela n’efface pas les doutes et les frustrations inhérents aux responsabilités parentales, mais je suis heureuse de savoir que dans le fond d’eux-mêmes, les parents « croient être les mieux placés pour savoir ce dont leurs enfants ont besoin. »

Même si les parents de tout-petits se sentent satisfaits et compétents dans leur rôle, ils sont tout de même stressés… et isolés, révèle l’étude. En effet, près de la moitié des répondants a déclaré avoir souvent ou toujours l’impression de courir toute la journée pour faire ce qu’ils ont à faire » tandis que le quart d’entre eux «  ont souvent ou toujours l’impression de ne pas avoir assez de temps à consacrer à leurs enfants. » Et le temps libre pour soi? 55 % des parents ont l’impression de ne jamais ou rarement en avoir. Ouf, hein.

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Je crois que ce dernier chiffre est à mettre en lien direct avec une autre donnée de l’enquête, soit la disponibilité du soutien provenant de l’entourage. Un parent sur cinq (18,5 %) ne peut compter « souvent ou toujours » sur aucune source de soutien. Zéro aide. Pour 22,5 % des parents, c’est une seule source qui peut être mise à contribution.

Famille tout compris - EQEPE - Figure 7.1

Et quand les parents n’en peuvent plus, c’est pire. On apprend qu’« environ un parent sur quatre (24 %) rapporte être rarement (16,6 %) ou n’être jamais (7,2 %) soutenu par leur entourage dans ces moments. »

Famille tout compris - EQEPE - figure 7.2Il semble que les grands-parents, surtout du côté maternel, sont les ressources les plus fréquemment disponibles pour les familles avec de jeunes enfants… et c’est pas mal ça. Le réseau qui peut offrir du soutien aux parents est peu diversifié en dehors de la famille élargie.

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Ces chiffres m’inquiètent. Tant de gens n’ayant pas de village avec lequel élever leur(s) enfant(s), ça me paraît être un phénomène qui mérite qu’on s’y penche sérieusement. C’est un réel enjeu de santé publique qui me fait réaliser l’importance d’avoir des organismes dédiés à la famille pour pallier ces besoins des parents à boutte.

Est-ce que ces données reflète votre réalité? Sur combien de sources de soutien fréquemment disponibles pouvez-vous compter?

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Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)

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