On mijote l’actu: des lettres d’amour à Paris et des recettes de soupes réconfortantes

Chaque semaine, une recette pour mieux digérer une nouvelle. Cette fois, un site qui permet de déclarer son amour à Paris + des recettes de soupes-doudounes.

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Photo: iStock

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La nouvelle: « Tu as tangué aujourd’hui ma belle Paris, et si certains sont tombés le corps troué, tu es toujours debout. Le cœur gros, les yeux rouges, nous sommes toujours debout. Et je continuerai de vivre avec toi, écrit Benoit, 26 ans. À partir d’aujourd’hui, à partir de ce jour de novembre, chaque fête, chaque rire, chaque pas de danse, chaque verre bu en terrasse (…) dans les rues de Paris et du Monde, sont autant de doigts d’honneur tonitruants lancés au visage des tueurs. »

Il n’est pas le seul. Depuis que Radio Nova, une station de radio parisienne, a lancé ce site qui permet d’adresser une lettre d’amour à la capitale hexagonale, les mots d’inconnus s’y bousculent. Des mots de Parisiens, de voyageurs de passage, d’étrangers. Pas forcément témoins des attentats, juste émus. Tous ont tenu à envoyer leurs mots doux à la ville, en guise d’acte de résistance face à la barbarie. Extraits.

« Les gens font la gueule comme avant, parlent trop fort au téléphone en pakistanais, ougandais, arabe, français, chinois, se draguent, s’embrassent, s’engueulent (passé rive gauche ouvrent des bières), lisent – quoique moins, moi je n’y arrive pas -, dorment, les pervers touchent des culs, les alertes aux colis suspects paraissent un peu too much (trop scénarisé, se rassure-t-on, pas assez spontané), on avance lentement dans les couloirs, on laisse d’abord sortir les gens, on rentre, on feint de ne pas voir la petite vieille debout, on regarde par la vitre le noir des tunnels, sans intérêt, sans vraiment regarder, on erre, on cherche les jolies filles, on est toujours fasciné par les moches, les nains, les bizarres, les cinglés, on compte les stations, comme avant – tout va bien. »

Romain, 27 ans

« Alors que l’étau de l’hiver se resserre doucement sur ma Montréal adoptive, j’écoute d’une de ces émotions qui transpercent plus sûrement que le froid d’ici les mots de là-bas, de l’après et de l’au-delà. Alors les “Putain” éjectent les “Tabernacle” de mon vocabulaire pour réaliser spontanément que oui, j’aime mon pays, ma ville, et ces Français orgueilleux pour le meilleur et pour le pire, blessés mais pacifistes, humbles et fiers. »

Marianne, 30 ans

« Une partie de toi n’est plus, une partie auparavant belle, jeune et insouciante. Mais toi tu vas vivre, il le faut pour que tout ceci est un sens. Tu vas continuer de dresser cette dame de fer comme un doigt d’honneur à l’horreur. Et la vie va reprendre. Les terrasses de tes cafés ensoleillés par le doux mois de novembre vont grouiller de ces gens refaisant le monde pour le rendre meilleur. Ton cœur va battre au rythme de la musique des salles de concerts, des applaudissements du public et des candeurs de la foule. L’écho des coups de feux sera couvert par les marseillaises de ton peuples soudé de toutes les origines et de toutes les religions. Le parisien grincheux froncera à nouveau les sourcils devant le métro bondé. Mais une chose aura changé chez lui ; il comprendra mieux la nécessité de vivre, pleinement. D’aimer de tout son être, de manger à s’en crever la panse, de baiser de tout son corps, de danser tout en sueur, de boire et de rire. On n’aura jamais ressenti autant l’urgence de se sentir vivants, de faire toutes ces choses qu’ils ont voulu nous enlever et qui reviennent maintenant avec force. Ça va aller ma ville, je te le promets, nous allons vivre pour et par ceux qui n’ont plus cette chance, aussi sûrement que la Seine coulera toujours dans tes veines. »

Victoire, 21 ans

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