Cameron Russell: une mannequin qui fait réfléchir des millions de personnes

Un top-modèle qui dit la vérité sur son métier et milite pour plus de diversité dans la mode? Oui, ça existe! Portrait d’une femme qui est en train de devenir une star aux Etats-Unis, mais qui est encore méconnue au Québec.

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Photo: Instagram/Cameron Russell (@cameron_r)

Photo: Instagram/Cameron Russell (@cameron_r)

Mannequin depuis qu’elle a 15 ans, l’Américaine Cameron Russell a défilé pour les plus grands designers (Balmain, Louis Vuitton, Prada…) et posé pour les magazines les plus prestigieux (Vogue, ELLE UK, Harper’s Bazaar…). C’est pourtant grâce à son discours  prononcé à une conférence TED en octobre 2012 qu’elle a vraiment fait sensation. La vidéo de sa conférence – intitulée «L’apparence ne fait pas tout. Faites-moi confiance, je suis mannequin» – a été visionnée près de 10 millions de fois, et figure aujourd’hui parmi les 20 les plus populaires du site TED. Un site pourtant plus connu pour diffuser des discours de scientifiques, de politiciens ou d’écrivains…

Cameron Russell y évoque son métier avec une honnêteté désarmante, épinglant au passage les standards figés de l’industrie de la mode. «Je suis sur cette scène parce que je suis mannequin. Je suis sur cette scène parce que je suis une jolie femme blanche, et dans mon travail on appelle ça ’’une fille sexy’’», assène-t-elle. Son seul mérite? «Avoir gagné à la loterie génétique», dit-elle franchement. Car devenir top-modèle n’est pas un choix de carrière: on naît mannequin ou pas… À une petite fille qui rêverait de devenir un top comme elle plus tard, Cameron conseille: «Deviens plutôt mon patron. Parce que moi, je ne contrôle rien, tandis que toi, tu pourrais devenir la personne qui m’engage: la prochaine rédactrice en chef du Vogue ou la PDG de H&M».

La vidéo de la conférence TED de Cameron Russell:

 

Profitant de l’attention médiatique causée par sa conférence, Cameron Russell a récemment lancé Space Made, un organisme qui publie un magazine, et organise différents évènements et expositions. Le concept? Plutôt que de donner de la visibilité au dernier artiste en vogue, le magazine publié par le collectif consacre ses pages aux marginaux, et aux groupes sous-représentés dans le paysage médiatique actuel: les Hispaniques, les Asiatiques, les Afro-Américains, les transsexuels, les lesbiennes… Une pluralité de types de femmes se retrouve notamment dans ces pages, et la plupart d’entre elles sont loin de ressembler aux mannequins longilignes de Vogue. «Nous croyons qu’élargir l’accès aux médias, c’est élargir l’accès au pouvoir et aux privilèges», peut-on lire sur le site de Space Made. Une manière pour Cameron Russell de passer de la parole aux actes, et de dénoncer les standards de beauté en vigueur, qui profitent encore et toujours aux femmes jeunes, grandes et minces, et à la peau blanche. Car lors de la Fashion Week de New York du printemps 2014, 80% des mannequins choisies pour défiler étaient blanches (selon les chiffres du magazine en ligne Jezebel). C’est un peu mieux qu’en 2010: à l’époque, seulement 16% d’entre elles étaient d’origines ethniques différentes. Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire…

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