Un monde meilleur en 12 étapes

Karen Armstrong lance sa révolution de la compassion.

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Elle s’appelle Karen Armstrong et vous ne la connaissez pas. Il y a quatre ans, un groupe sérieux lui a donné 100 000?$ pour l’aider à lancer sa révolution de la compassion. Et des milliers de gens ont décidé de la suivre. Parmi eux, le dalaï-lama, Desmond Tutu, Peter Gabriel, Meg Ryan…

En décembre, on pense aux autres. Guignolées, paniers de nourriture, visite aux aînés confinés dans des résidences, invitations aux cousins esseulés… On n’en finit plus d’être généreux avec les plus démunis.

Mais le reste du temps? N’a-t-on pas tendance à ranger notre compassion – qui nous porte à partager les maux d’autrui – en même temps que les décorations de Noël?

Dommage, dit la Britannique Karen Armstrong, auteure et historienne des religions. «La compassion est révolutionnaire, dit-elle. C’est un sentiment capable de faire sauter les barrières politiques, idéologiques et religieuses. C’est un outil indispensable pour établir une économie équitable et une collectivité planétaire vivant en paix.»

Naïve? Décidée, en tout cas. Et convaincante.  En février 2008, l’organisme TED – qui entre autres diffuse des conférences sur Internet – lui donne les 100 000?$ qu’il accorde chaque année à un agent de changement social pour l’aider à réaliser son grand projet?: une Charte de la compassion. Rédigée par un comité de sages de toutes confessions et de toutes cultures, la Charte en question se base sur la règle d’or de toutes les religions?: «Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse.» Elle est dévoilée en novembre 2009 simultanément à Washington et à six autres endroits dans le monde. Plus de 80 000 personnes l’ont signée jusqu’à maintenant. Parmi elles, le dalaï-lama, le musicien Paul Simon, la reine Noor de Jordanie, l’écrivaine Isabel Allende, l’actrice Meg Ryan et l’archevêque sud-africain Desmond Tutu.

Éminente historienne, Karen Armstrong est née en Grande-Bretagne en 1944. Entrée à 17 ans dans une communauté religieuse catholique, elle l’a quittée sept ans plus tard alors qu’elle étudiait la littérature à Oxford. Devenue «monothéiste libre», elle a voyagé en Israël et au Moyen-Orient, enseigné et publié une vingtaine d’ouvrages, dont A History of God (1993), qui deviendra un best-seller international. Pas mal pour une somme retraçant l’évolution des trois grandes religions monothéistes – christianisme, islam, judaïsme – de leurs origines à nos jours…

Mais aucune révolution ne s’est faite en signant une Charte. Karen Armstrong ne s’est donc pas arrêtée là. En 2010, elle a publié Twelve Steps to a Compassion­ate Life, qui s’inspire des 12 étapes du mouvement des Alcooliques Anonymes. «Après tout, dit-elle, l’égoïsme est une forme de dépendance.»

Ses 12 étapes veulent aider l’individu à se détacher de son ego et à adopter la compassion comme mode de vie. Elle les a puisées autant dans son expérience personnelle que dans les tragédies grecques, les conflits en cours et l’enseignement du Bouddha.

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Facile? Assurément non. La tâche, reconnaît-elle, est immense mais réalisable. Voilà pourquoi elle poursuit son odyssée à travers plusieurs pays (récemment au Pakistan), quelles que soient les confessions  qui y prédominent. Elle y rencontre des chefs d’État, des religieux en martelant son message de réconciliation.

«Même si nous n’accomplissons qu’une fraction de ce chemin, en laissant une infime trace de notre passage sur Terre, notre vie en aura valu la peine.» La sienne, certainement?!

Pour lire et signer la Charte, visitez Charter for Compassion.
Le site est en anglais mais offre, en pdf, la Charte en une trentaine de langues, dont le français.

 


 

Twelve Steps to a Compassionate Life
par Karen Armstrong, Alfred. A. Knopf, 232 pages.

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