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Publié dans Châtelaine d'avril 2009 | © Les Éditions Rogers ltée
 
La journaliste Florence Meney a demandé à 22 écrivains de choisir un lieu de Montréal avec lequel ils se sentent en symbiose.
 

Prisonnière des guérilleros
Enlevée par les Farc en février 2002, en même temps qu’Ingrid Betancourt (dont elle était la directrice de campagne), Clara Rojas a passé six années dans l’obscurité et l’humidité de la jungle. Durant sa captivité, elle a vu s’effondrer l’amitié qui la liait à Ingrid. Elle a aussi frôlé la mort en donnant naissance à Emmanuel, son garçon. Un récit lourd de solitude où la foi occupe une place importante. Captive, Clara Rojas, Éditions Plon, 256 pages.(Cindy Synnett)


Album à conserver
MONTRÉAL, rendez-vous des écrivains La journaliste Florence Meney a demandé à 22 écrivains (dont 18 Québécois) de choisir un lieu de Montréal avec lequel ils se sentent en symbiose. Cela donne de belles promenades, entre autres au carré Saint-Louis avec Dany Laferrière, au parc La Fontaine avec Chrystine Brouillet et – mon coup de cœur – au cimetière du mont Royal avec l’émouvante Suzanne Jacob, dont chacun des mots est essentiel. Un album chaleureux et intemporel où les photos magnifiques de Luc Lavigne sont vraies (lire non trafiquées). Montréal à l’encre de tes lieux, Éditions Québec Amérique, 322 pages.


Les secrets de Neil Bissoondath
Né à Trinidad, ayant vécu à Toronto avant de s’établir à Québec, cet écrivain connaît bien les identités multiples, sujet de son dernier roman. Allergique à la petite vie terne de ses parents, Alec devient un décorateur branché en prétendant être gai. Sue, fille d’immigrants indiens, rejette les valeurs ancestrales imposées par sa famille et mène une vie libre à leur insu. Tous deux, prisonniers de leur personnage, vont vivre une passion torride qui risque de compromettre un fragile équilibre reposant sur des mensonges... Cartes postales de l’enfer, traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Boréal, 248 pages.


La grande Margaret Atwood
Quelle bonne idée que cette édition de poche du premier roman de l’écrivaine canadienne ! Publié en 1969, La femme comestible porte déjà la griffe Atwood : regard subversif et ironie mordante. Marian est une jeune femme tiraillée entre ses ambitions personnelles et les normes sociales des années 1960 imposant le mariage. Le hic, c’est que, sitôt fiancée, Marian n’arrive plus à avaler aucune nourriture... De scènes loufoques en épisodes touchants et en longues promenades dans la nature ontarienne, ce livre nous tient constamment en haleine : on suit Marian, flanquée d’une galerie de personnages étonnants, jusqu’à l’apothéose finale. À (re)découvrir ! La femme comestible, Pavillons Poche, Robert Laffont, 532 pages.


De la pizza tout le week-end
Dans ce livre, Louise Rivard propose plus de 100 recettes de pizzas, mais aussi, de sauces, de garnitures, de salades et de desserts. Alors, on commence par la pizza aux saucissons doux et piquants ou par celle aux asperges style Margherita ? Pizza, Louise Rivard, Modus Vivendi, 194 pages. (Cindy Synnett)


Moi Nojoud, 10 ans, divorcée
« Mariée de force par mes parents à un homme trois fois plus âgé que moi, j'ai été abusée sexuellement et battue. Un matin, en partant acheter du pain, j'ai pris un bus et je me suis réfugiée au tribunal jusqu'à ce qu'un juge veuille bien m'écouter... » Ce livre est l'histoire vraie d'une petite Yéménite qui a osé défier l'archaïsme des traditions de son pays en demandant le divorce. Et en l’obtenant.
Moi Nojoud, 10 ans, divorcée, Nojoud Ali et Delphine Minoui, Éditions Michel Lafon, 218 pages. Pour en savoir plus, lisez notre article exclusif Nojoud Ali, divorcée à 10 ans. (Cindy Synnett)


La magie de Jacques Poulin
Dans ce nouveau roman de Jacques Poulin, lauréat du prix Gilles-Corbeil – le Nobel québécois –, on retrouve avec plaisir Jack l’écrivain, alter ego de l’auteur. On fait aussi la connaissance du petit frère de Jack, « lecteur sur demande » de son métier : un magnifique prétexte pour saluer le pouvoir magique des écrivains. On suit le jeune homme, des rues de Québec à l’île d’Orléans, endroits qui habitent l’œuvre de Poulin. Quand vous refermerez ce joli roman, faites plaisir à son auteur : déposez-le dans un endroit public, où on le découvrira, tel un trésor... L’anglais n’est pas une langue magique, par Jacques Poulin, Leméac/Actes Sud, 160 pages.


 

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