Bamako, au quotidien
La chaleur est accablante et des poussières de sable orangé, en suspension dans l’air sec, rendent la respiration difficile. Un âne tire une charrette pendant qu’un troupeau de vaches traverse un carrefour. Des enfants s’amusent entre eux en poussant une roue à l’aide d’un bâton. Des femmes préparent le prochain repas et chaque coup de pilon donné dans un mortier géant résonne en bruit de fond, telles des percussions qui rythment les journées. Des vendeurs ambulants traînent des babioles sur leur tête sans chanceler. J’en perds tous mes repères…
Ce qui m’a touchée : mon baptême
J’ai à peine le temps de me remettre du décalage horaire qu’on s’empresse de me rebaptiser. Ici, je m’appelle Mbadiala Keita. Renommer les Occidentaux est une pratique courante. Cela permet de les intégrer dans une culture où les traditions, les coutumes et la structure sociale diffèrent du tout au tout. Mon identité représente celle que mon peuple a forgée à travers les années. Il témoigne d’un passé et implique une responsabilité et un rang social. Les Keita, par exemple, sont des Malinkés, un peuple cultivateur d’arachides reconnu pour avoir fondé l’empire de Mali au XIIIe siècle. Au moment des salutations (qui parfois s’éternisent), on se taquine sur ses origines, qu’elles soient réelles ou non.
Ce qui m’est difficile d’accès : les femmes
Si je m’intègre aisément auprès des hommes, ça se corse auprès des femmes. Très tôt, la plupart sont contraintes d’abandonner l’école pour subvenir aux besoins familiaux. Elles doivent cuisiner et exécuter les tâches ménagères sans se laisser ralentir par les enfants. Toutes ces corvées les occupent du matin au soir, tous les jours. La préparation des repas constitue pour moi le moment de prédilection pour découvrir leur réalité. Autour de la marmite posée sur le feu, pendant qu’elles écrasent les légumes et les condiments dans le mortier, elles transmettent leur savoir culinaire aux plus jeunes.
J’ai eu l’occasion de contribuer à la préparation d’un couscous traditionnel : plus de trois heures à moudre les grains de poivre, transformer la céréale en farine et réduire les oignons en purée… À l’unanimité, les femmes m’ont dit que je cuisinais très mal !
Quelques particularités
· La température de jour oscille généralement de 30 à 40 ºC ;
· Prendre du poids est signe de bonne santé ;
· L’acte homosexuel est une pratique condamée par la société ;
· Les hommes de religion musulmane (90 %) peuvent avoir jusqu’à quatre femmes à condition de pouvoir subvenir à leurs besoins ;
· On mange de la main droite, on se nettoie de la gauche.

Regardez le photoreportage de Lucie Poulin sur le Mali.
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