Culture

3 raisons de voir Iris, la «starlette gériatrique»

À 93 ans, Iris Apfel collabore avec les cosmétiques M.A.C., aligne les campagnes mode et fraye avec Kanye West. Trois raisons de voir le documentaire qui lui est consacré.

Photo: image d'une campagne pour les cosmétiques M.A.C.

Photo: image d’une campagne pour les cosmétiques M.A.C.

  1. Parce que le rapport d’Iris à la mode est libérateur. Avec sa silhouette de nonagénaire frêle et sa petite tête blanche surmontée d’immenses lunettes rondes, elle ressemble à une mouche. Mais d’une mouche, Iris Apfel n’a certainement pas la personnalité. C’est évident dès le premier coup d’œil sur ses manteaux brodés, ses fourrures opulentes, ses immenses colliers, ses bracelets qui avalent ses minuscules poignets, son rouge à lèvres écarlate… Anticonformiste, la dame ne suit rien ni personne. Elle est devenue la coqueluche des milieux mode? Tant mieux. Mais elle s’habillait déjà ainsi depuis des décennies. « Dans les années 1940, raconte-t-elle, j’ai été la première à acheter des jeans. On ne voulait même pas me les vendre, parce que c’était des pantalons d’homme! » Elle est restée la même : une femme qui n’en fait qu’à sa tête, que ce soit tendance ou pas. Inspirant.

 

  1. Parce qu’elle sort des perles. « Le chirurgie plastique? Non merci! Vous vous faites refaire le visage, et après, ça ne va plus avec vos mains!, s’exclame-t-elle dans le film. De toute manière, personne ne va croire que vous avez 32 ans… » Est-ce qu’on a dit qu’Iris Apfel était une adorable chipie?

 

  1. Parce que c’est l’avant-dernier film d’Albert Maysles. Pionnier du cinéma-vérité, le légendaire cinéaste a notamment réalisé les documentaires Grey Gardens et Gimme Shelter, sur une tournée des Rolling Stones. Iris est son avant-dernier film, complété peu avant sa mort en mars dernier, et il prouve que Maysles n’a pas perdu la touche. Entre la relation touchante d’Iris avec son mari, Carl, 100 ans (!), le moment où elle explique pourquoi elle n’a jamais eu d’enfant et celui où elle lègue presqu’à regret des pièces de sa collection de vêtements à un musée, le documentaire prend des airs de testament. Celui d’Iris Apfel ou d’Albert Maysles? Ça reste à déterminer. Et c’est ce qui en fait la beauté.