Maison

Des fleurs pour enjoliver sa maison

Pas besoin de vivre à la campagne pour composer de magnifiques bouquets. La preuve : une fleuriste montréalaise a créé son atelier… à même sa cuisine !

Stéphanie Constant aime vivre entourée de fleurs. Elle en cultive partout : dans le jardin et le parterre de son duplex du quartier Villeray, à Montréal, sur son balcon, dans les carrés d’arbre des trottoirs et la ruelle… même sur le toit de sa remise !

Agente de bord depuis une vingtaine d’années, elle s’est retrouvée au chômage au moment où la pandémie a frappé. Pas le choix : elle devait se réorienter. « Je ne voulais pas d’un emploi qui m’éteigne. Je cherchais quelque chose qui me permette de m’épanouir », dit la pétillante quadragénaire aux cheveux châtain clair. En septembre, elle s’inscrit donc en fleuristerie à l’École des métiers de l’horticulture de Montréal, un programme de neuf mois menant à un diplôme d’études professionnelles.

Dès le début de sa formation, Stéphanie publie des photos de ses compositions florales sur les réseaux sociaux.

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Photos : Michel C. Tremblay

La réponse est chaleureuse : des gens veulent les acheter ! Mais elle refuse. Elle ne se sent pas prête, et la logistique lui semble trop compliquée. « Je me demandais comment je pourrais conserver les végétaux. » Impossible pour elle d’installer des frigos industriels dans l’appartement qu’elle partage avec son mari, leurs trois enfants et leurs deux poméraniens !

Puis, elle apprend que les fleurs peuvent être gardées dans un endroit sombre et frais, à environ 15 ºC. « Je ne pouvais pas toujours dire non. Il fallait que je plonge », se souvient Stéphanie. Elle a éteint le chauffage d’une pièce de la maison, baissé les stores, et hop ! elle s’est ainsi dotée d’un entrepôt pour végétaux. Son entreprise, Pleure pas Carole, atelier floral sur rendez-vous, est née en décembre 2020.

La fleuriste privilégie les bouquets d’allure champêtre, dans une déclinaison d’une même teinte. Souvent, elle y ajoute des éléments glanés dans les ruelles avoisinantes : cocottes de pin, branches cassées, vigne, graminées… « Certains appellent ça de la mauvaise herbe, j’appelle ça des fleurs sauvages. Ça ajoute un effet aérien aux arrangements », dit-elle.

Elle assemble ses créations dans sa grande cuisine baignée de lumière et pleine de verdure, aux murs couverts de photos d’enfants. Dans un coin, on remarque quelques rubans et un rouleau de papier kraft, mais pas de cellophane. « Le gros plastique brillant ? Jamais ! Je ne mets pas de mousse florale non plus. C’est très polluant, ça met des siècles à se dégrader. J’essaie de réduire mon empreinte écologique le plus possible », explique l’entrepreneure, qui livre ses créations à pied ou à vélo lorsque la météo le permet.

Pour l’instant, les clients de Stéphanie commandent leurs bouquets sur son site web, ou les reçoivent sur abonnement, à raison d’un par semaine, par exemple. Les affaires vont tellement bien qu’elle rêve déjà d’avoir pignon sur rue. Chose certaine : même si elle souhaite un jour reprendre sa valise d’agente de bord, elle continuera de faire pousser son entreprise. « Ça me rend tellement heureuse ! Je suis entourée de beauté et de nature, et je fournis du bonheur. »

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Photo : Robin Stubbert

Pour des bouquets ravissants qui durent longtemps !

Les trucs de la fleuriste Stéphanie Constant.

Cultiver ses propres vivaces
Tout un bouquet peut être composé à partir d’une ou deux fleurs-vedettes. Comme elles coûtent plus cher, Stéphanie conseille de les cultiver soi-même. Par exemple, les iris, les roses et les pivoines sont spectaculaires. Et comme ce sont des vivaces, elles refleurissent année après année.

Miser sur les fines herbes
Elles ne servent pas qu’à cuisiner ! Stéphanie suggère d’agrémenter les bouquets de tiges de thym, de romarin, de sauge aux jolies feuilles violacées ou de menthe qui, lorsqu’elle s’épanouit, produit de délicates fleurs mauves.

Faire la part belle aux fruits
Des petits fruits, pourquoi pas ? Bleuets, pommettes, framboises ou autres apportent une touche originale et colorée, ainsi qu’un peu de texture aux créations florales.

Choisir différentes variétés
Planter des espèces qui s’épanouissent à différents moments durant les beaux jours. Au printemps, des crocus, des jonquilles, des tulipes, et à l’été, des delphiniums, des zinnias, des tournesols… On profite ainsi des fleurs le plus longtemps possible ! Un conseil astucieux de Stéphanie ? Diviser son jardin en deux: les vivaces, qui reviennent chaque année, d’un côté, et les annuelles, qu’il faut replanter, de l’autre. Ainsi, on peut déterrer et replanter les annuelles sans déranger les vivaces.